2014-10-30 Notes du passé La première ambassade malgache en Afrique en 1833

Publié le par Alain GYRE

2014-10-30 Notes du passé La première ambassade malgache en Afrique en 1833

La première ambassade malgache en Afrique en 1833

30-10-2014

Notes du passé

En route pour Zanzibar, la première ambassade de la Cour d’Anta­nanarivo vers l’étranger, qui quitte Mahajanga en septembre 1833, est reçu par le sultan d’Angaziza (Grande-Comore) à Moroni. Le lendemain de l’entretien des émissaires merina avec ce dernier, le 5 octobre 1833 à 10 heures, ils embarquent pour Zanzibar où réside alors le sultan Syed Saïd Ben et où ils arrivent le 13 octobre. Le protocole variant selon les pays, ils saluent le sultan par 20 coups de canon. À 17 heures, ils mouillent dans le port. Aussitôt, ils lui font parvenir un message pour l’informer de leur arrivée. À 21 heures, le même jour, la réponse arrive via Ifadily, deuxième émissaire du sultan qui a accompagné l’ambassade malgache : Syed Saïd Ben les recevra le surlendemain, dimanche. En attendant, une maison leur est préparée. Les envoyés de Ranavalomanjaka ne cachent pas, cependant, leur inquiétude pour deux raisons. D’abord, le sultan leur demande de les rejoindre à Mascate et non à Zanzibar. Mais Ifadily les rassure : il y est également chez lui. Ensuite, le gouverneur de Zanzibar, Syed Seleman Ahmed n’a toujours pas répondu à leur salve. Mais celui-ci leur fait dire que la coutume veut que l’on ne tire la salve de salut « qu’après avoir jeté l’ancre et que ne s’étant pas conformé à cet usage, il ne pouvait répondre à leur salut, à moins qu’ils ne tirent une nouvelle salve ». S’ensuit alors une discussion de protocole, raconte Christian Mantaux de l’Association malgache d’archéologie, (lire précédentes Notes). Les Malgaches refusent en disant que c’est sur les conseils d’Ifadily qu’ils ont procédé de cette façon et qu’ils ne peuvent en être tenus pour responsables. Finalement, après avoir pris conseil du sultan, il est décidé que lorsque que les envoyés de Ranavalomanjaka débarqueront à terre, ils seront salués par les canons. Le samedi matin à 9 heures, un haut dignitaire de la Cour du sultan vient les prendre en chaloupe pour que les deux parties étudient ensemble le déroulement de la cérémonie officielle du lendemain, où ils seraient mis en présence de Syed Saïd Ben. Avant de se rendre à terre, ils hissent le pavillon de la reine et tirent un coup de canon. La terre répond par 27 coups. « Le protocole était sauf. » Quand le grand jour arrive, la chaloupe à bord de laquelle se trouvent Mahamady Bodalakadiry- qui devait amener à Antananarivo les 400 mousquets pour la reine-, Saïd Moslim et Ifadily revient les chercher. « Et c’est en compagnie de ces dignitaires que, pour la première fois dans l’histoire, des ambassadeurs malgaches furent reçus par un chef d’État de l’Afrique. » Il s’agit de la réception officielle et ils doivent se contenter de remettre au sultan le message de Ranavalomanjaka. D’autres entretiens moins officiels devront avoir lieu plus tard. Le premier se tient le mercredi suivant à 19 heures. Durant l’entrevue, Syed Saïd Ben demande quelques éclaircissements sur la lettre confiée à Khamisy et dont la réponse écrite de la reine ne fait aucune mention. « C’est sans doute l’absence de toute allusion aux 2 000 soldats qui inquiétait le sultan. » Le lendemain, à 19 heures, c’est au tour de Mahamady Bodalakadiry de s’entretenir avec eux et lui aussi s’intéresse surtout sur le contenu des lettres confiées aux deux émissaires, Khamisy et Ifadily. La seconde entrevue avec le sultan a lieu le vendredi à 8 heures. Il est surtout question de la mission de son premier envoyé. C’est à cette occasion que les ambassadeurs de la reine déclarent que « Ranavalomanjaka n’avait pas d’ennemis au-delà des mers, ses Douze ancêtres non plus, et qu’elle n’enverrait pas les soldats demandés ». Syed Saïd Ben ne semble pas lui en tenir grief. Les émissaires malgaches reviennent une troisième fois au palais du sultan pour prendre congé de lui. L’ambassade s’achève et si le sultan n’a pas eu les 2000 soldats qu’il a demandés, il n’en expédie pas moins les 400 mousquets à la reine, ainsi que des chevaux et des perles de corail.

Texte : Pela Ravalitera - Photo : : Gravure de Guillain

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