Germoirs biodégradables: Accroître la production agricole

Publié le par Alain GYRE

Germoirs biodégradables: Accroître la production agricole

Germoirs biodégradables: Accroître la production agricole

Mercredi, 29 Octobre 2014

L’approche développée par Juslain Raharinaivo permet au riziculteur de réaliser un rendement moyen de plus de 8 tonnes de paddy à l’hectare, tandis que la moyenne nationale stagne autour de 3 tonnes.

« Ce résultat s’explique par le nombre de talles par pied, évalué entre 50 et 100 avec le Système de Riziculture Intensive (SRI), mais rarement inférieur à 100 avec la nouvelle technique », a-t-il ajouté.

Pour développer et accroître le secteur agricole, des germoirs biodégradables ont été développés. Les germoirs biodégradables créés sont en fait un outillage fabriqué à l’aide de journaux usés ou de papiers découpés et collés côte à côte de manière à obtenir des dispositifs à l’image des alvéoles. Ils sont destinés à faciliter les opérations de repiquage, qu’il s’agisse de périmètres irrigués ou de cultures sur des collines.

"Un hectare de rizière compte entre 130 000 et 160 000 pieds de riz. Etant donné l’évolution de la technique, environ 2 000 alvéoles de 64 cavités sont suffisantes pour couvrir un hectare", explique le père de l’invention. En fait, la nouvelle technique permet à une quinzaine de personnes de repiquer en une seule journée un hectare de rizière, alors qu'avec le SRI, il en faut entre 40 et 60 pour le même volume de travail.

En effet, le mode de repiquage classique – largement pratiqué sur l’île – fait perdre un temps précieux aux paysans, en raison de la période de stress s’étendant sur 1 ou 1,5 mois. Celle-ci retarde de fait la récolte.

La technique usant des germoirs biodégradables est moins exigeante que les autres, bien qu’elle s’inspire initialement du SRI. Avec ce dernier, le repiquage est recommandé lorsque les plantules ont 8 jours. Ils sont fragiles à ce stade. Il faut également des préparations minutieuses du terrain avec une bonne maîtrise de la gestion de l’eau. Or, la grande majorité des 1 400 000 hectares de rizières en cours d’exploitation dans tout le pays ne l’est pas du tout. C’est l’un des facteurs limitant drastiquement la promotion du SRI sur toute l’étendue du territoire.

En revanche, la nouvelle approche est applicable à grande échelle même sur des terrains mal irrigués. Elle suggère seulement l’attente de la naissance des deux talles au bout de 20 jours de la germination. Leur apparition est favorisée par la distance des graines qui sont disposées à 2,5-3 cm les unes des autres. Les fumiers et engrais mis dans les alvéoles nourrissent les talles, permettant ainsi leur croissance rapide. C’est cela l’une des clés magiques des germoirs biodégradables.

Notons que la nouvelle technique ne demande que deux sarclages au maximum, alors que le SRI en impose deux ou trois. De plus, les germoirs biodégradables pour le riz ne sont plus vendus séparément. Ils sont livrés avec la quantité bien mesurée des semences conditionnées directement fournies par le Centre national de recherche appliquée au développement rural (Fofifa). L’innovation peut accroître le rendement national évalué à 5 millions de tonnes de paddy par an pour les 22 millions d’habitants de l’île. L’expérience de Juslain Raharinaivo a débuté avec le lancement des premières plantations d’artemesia à Madagascar en 1994, une année après l’obtention du diplôme d’ingéniorat à l’Ecole supérieure des sciences agronomiques à l’Université d’Antananarivo.

R.Volatsara

La Gazette

Publié dans Economie, Agriculture, SRI

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