Bloco Malagasy. Si tu vas à Rio !

Publié le par Alain GYRE

Bloco Malagasy. Si tu vas à Rio !

(10-11-2014)

Elles ont créé l’événement en juin et juillet dernier en se produisant au Brésil en pleine Coupe du monde de football. Elles ce sont les joueuses de batucada de la troupe tuléaroise Bloco Malagasy. Ruffine Marie Noëline Randriampionona était du voyage. Elle nous raconte tout.

Bloco Malagasy. Si tu vas à Rio !

© no comment ®

+ Comment les Brésiliens ont-ils reçu votre batucada ?

La tournée a été très intense et enrichissante. Nous avons fait de nombreuses rencontres avec d’autres groupes de percussions brésiliens. C’était incroyable pour nous de voir jouer d’autres groupes similaires au nôtre pour la première fois ! Nous avons appris beaucoup, mais également démontré nos capacités et suscité l’intérêt des percussionnistes et du public brésiliens qui n’imaginaient pas qu’un groupe de batucada pouvait exister à Madagascar. D’ailleurs beaucoup de gens ne connaissaient pas Madagascar tout court ! L’accueil des Brésiliens a été extrêmement chaleureux. Nous avons aussi découvert un pays très différent du nôtre avec ses monuments, ses plats, sa langue.

+ quelle est la rencontre qui t’a le plus marquée ?

Toutes m’ont marqué à leur façon ! Nous avons partagé des moments très forts avec des groupes tels que la célèbre batucada de femmes Didá et l’école Olodum de Salvador de Bahia. Nous avons également retrouvé nos racines communes dans les quilombos – communautés de descendants d’esclaves- comme celle de São João de Meriti, proche de Rio de Janeiro. Enfin, nous avons pu jouer dans des lieux mythiques comme sur la plage de Copacabana en plein match de Coupe du Monde ou en haut des escaliers de Selarón ! L’enregistrement de douze de nos titres dans le studio de l’école de musique Pracatum, fondée par l’artiste Carlihnos Brown à Salvador de Bahia, restera aussi un évènement marquant. Tout comme la rencontre avec Hélène qui dirige un groupe de percussions à Salvador de Bahia : nous avons participé à deux ateliers de batucada sous sa direction et nous avons pu apprendre de nouveaux types de chorégraphies et de rythmes.

+ Vous n’êtes pas qu’un groupe de batucada…

Nous sommes à la base spécialisés dans ce style de percussions afro-brésiliennes traditionnelles qu’on appelle la batucada. On utilise quatre types de percussions : marcaçaos (surdo de fonds), dobras (surdo aigu), repiniques et caixas (caisse claire). On joue aussi d’autres rythmes brésiliens, comme le samba reggae originaire de Salvador de Bahia. Mais le groupe a peu à peu développé son propre style qui est un mélange de rythmes traditionnels brésiliens et de rythmes du sud de Madagascar comme le tsapike et le kilalake. Les tenues et les chorégraphies sont également imprégnées des couleurs et des mouvements de danses malgaches et afro-brésiliennes.

+ Comment les filles qui partent en tournée sont-elles choisies ?

Une dizaine de filles sur la soixantaine que comprend le groupe sont sélectionnées pour les tournées internationales, cela en fonction de leur niveau de batucada mais aussi de leur engagement, de leur envie, de leur maturité. En ce qui me concerne, je n’imaginais pas avoir l’opportunité de partir en tournée pour la première fois au Brésil ! J’ai découvert la Bloco Malagasy en 2013 par l’intermédiaire d’une amie qui faisait partie de la fanfare Malagasy Marching Band au Centre d’Art et Musique de l’ONG Bel Avenir. C’est comme cela que j’ai commencé, et je n’ai plus arrêté.

+ quels sont les projets futurs de la bloco malagasy?

Après cette tournée au Brésil nous allons continuer nos répétitions et transmettre ce que nous avons appris là-bas au reste des filles. Nous avons déjà commencé à créer de nouveaux rythmes et chorégraphies. A l’échelle internationale, nous avons un projet de tournée en Afrique de l’Ouest en mars 2015 et un autre en Nouvelle-Calédonie pour novembre 2015. Il faut garder le rythme !

Propos recueillis par #AinaZoRaberanto

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