La réserve de Mandraka: Menacée par la fabrication du charbon de bois

Publié le par Alain GYRE

La réserve de Mandraka: Menacée par la fabrication du charbon de bois

Mercredi, 19 Novembre 2014

La population locale vivant autour de la réserve de Mandraka lance un avis d’alerte sur l’état de leur forêt, selon nos sources hier. Ceci du fait que plus de 60% de la population dans cette région pratique l’agriculture sur brûlis et l’exploitation des produits de la forêt. Face à cet usage dont les habitants en dépendent, la réserve de Mandraka est actuellement menacée.

La réserve de Mandraka: Menacée par la fabrication du charbon de boisLa réserve de Mandraka: Menacée par la fabrication du charbon de bois

Photos Ireney Harvel

La plupart des populations utilisent la forêt comme moyen de subsistance, en exploitant les produits de la forêt sous plusieurs formes, dont les bois de chauffe, bois d’œuvre, huiles essentielles et plantes médicinales, ainsi que des charbons de bois. Mais ce dernier usage est très dangereux pour la forêt car plus de 75% des habitants le pratiquent. Faut-il rappeler que cette région, notamment Manjakandriana et ses environs sont l’un des grands fournisseurs de charbon de bois pour Antananarivo ? Cette pratique, c'est-à-dire, le charbon de bois est l’une des activités très dangereuses à l’heure actuelle selon cette source. Les gens exploitent de plus en plus la forêt car les demandes sont nombreuses. De plus, les gens n’ont pas d’autres moyens de gagner de l’argent rapidement à part l’agriculture qui est saisonnière. Et en ce moment, le prix de charbon est en hausse, pire, les demandes se multiplient de plus en plus. A Mandraka, les charbons se vendent à 6 000 à 8 000 ariary selon les sacs et la qualité. Bref, le commerce du charbon fonctionne très bien mais peut nuire à la nature.

Ainsi, face à cette situation, des personnes lancent des appels pour trouver des solutions afin d’aider les populations à stopper l’exploitation des ressources forestières de Mandraka. Plus précisément, un dispositif ou autre moyen de subsistance comme l’appui à l’agriculture est très sollicité, a confié cette responsable, consciente de la destruction de la nature.

Notons que la réserve forestière de Mandraka est située à 65km à l’est d’Antananarivo, au bord de la route nationale (RN2). C’est une réserve très riche, en flore et en faune. En fait, la flore exubérante de Mandraka recèle des richesses intéressantes. Diverses espèces endémiques peuvent se rencontrer dans la forêt naturelle, comme Dalbergia spp., Ocotea spp.. On y compte aussi plusieurs espèces d’orchidées (Bulbophyllum spp., Angraecum spp.) et des lianes dont certaines sont considérées par la population comme sacrées. Et la faune se caractérise également par sa forte biodiversité. Cette réserve abrite plusieurs espèces de lémuriens, dont Eulemur fulvus et Avahi laniger. Mandraka possède aussi une forte population d’oiseaux (60 espèces d’oiseaux dont des espèces rares comme Ispidina madagascariensis et Asio madagascariensis). Les reptiles de Mandraka sont aussi abondants. Parmi les espèces les plus intéressantes, on pourrait citer Uroplatus sp. (tanafisaka ou « caméléon plat »), Brookesia thieli, Phlesuma lineata… On y trouve également divers petits mammifères dont Hemicentetes semispinosus. Sachant que la réserve de Mandraka abrite d’une part une forêt naturelle, et d’autre part une forêt artificielle.

R.Volatsara

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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