Respect des droits de l’enfant: Mauvaise note pour Madagascar

Publié le par Alain GYRE

Respect des droits de l’enfant: Mauvaise note pour Madagascar

Vendredi, 21 Novembre 2014

La célébration du 25ème anniversaire de la convention relative aux Droits de l’Enfant a été une occasion pour l’Unicef Madagascar de présenter à la presse malgache lors d’une conférence au Café de la Gare de Soarano hier l’analyse sur la situation de la mère et de l’enfant. Et sans exagération, la situation malgache est des plus critiques en matière de respect des droits de l’enfant. On évoque souvent les droits de l’enfant alors que la grande majorité de la population ignore ce qu’il en retourne. Lors de la cérémonie de célébration, un état des lieux a été fait en matière de respect des droits de l’enfant dans la Grande Ile.

Droit de survie

Celui-ci prime avant tous les autres droits car il offre la possibilité à chaque enfant de grandir dans un cadre favorable. La mortalité maternelle reste toujours inquiétante car Madagascar compte encore 478 décès sur 100.000 naissances vivantes. Ce qui est loin des objectifs de l’OMD qui se fixait 124 décès sur 100.000 naissances vivantes. Selon les études 80% des décès maternels sont les conséquences d’un service sanitaire défaillant voir même inexistant dans certaine région de l’île.

Droit à la santé

La grande majorité des femmes malgaches ne bénéficient pas de soins durant leur grossesse. En 2012, seuls 51% des femmes enceintes ont eu un suivi sanitaire strict. Pire encore, 44% des femmes seulement ont un accouchement assisté par un personnel de santé qualifié. Ces chiffres datant de 2008, le passage de la crise a envénimé la situation. Qui plus est, le phénomène de grossesse précoce qui tend à s’accroître ces dernières années ne fait que compliquer les choses. En effet, 37% des filles de 15 à 19 ans commencent leur vie féconde à cet âge. Ce phénomène est amplifié par le fait que la proportion des filles-mères sont d’autant plus élevée dans les milieux ruraux où l’éducation et l’accès aux soins laissent à désirer. Ce qui accentue le risque de malnutrition ou de morbidité de ces enfants dont les mères à peine sorties de l’adolescence n’ont ni instruction ni moyen d’assurer leur éducation.

Droit à l’eau potable, l’assainissement et l’hygiène

10,4 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et au niveau mondial, Madagascar est le cinquième pays présentant les indicateurs les plus alarmants en ce qui concerne l’accès à l’eau avec un taux largement inférieur à la moyenne de l’Afrique Subsaharienne. On constate une grande impartialité entre le milieu rural et le milieu urbain. En matière d’assainissement, Madagascar n’a connu qu’une faible croissance au fil des années passant de 8% en 2008 en 14% en 2011. Par contre, la difficulté d’accès à l’assainissement est plus palpable en milieu urbain avec un taux de 19% contre un taux de 11% en milieu rural.

Droit à l’éducation

Le taux net de la scolarisation à Madagascar est actuellement à 69% contre un taux de 83% en 2005. Une régression considérable a été constatée suite à des années de crise. A l’heure où l’on parle, plus de 5 millions d’enfants en âge d’être scolarisés sont hors du système scolaire malgache. L’objectif d’un taux de scolarisation de 100% en 2015 dans le cadre des Objectifs de Millénaire de Développement est devenu une utopie.

Blocage à la jouissance de ces droits

Le mot qui revient le plus souvent quand on évoque le non-respect des droits des enfants c’est la pauvreté. Parce que nous sommes pauvres alors les femmes préfèrent accoucher chez la matrone que chez le docteur, parce que nous sommes pauvres alors nous ne pouvons pas nourrir nos enfants convenablement. Nous avons utilisé la pauvreté comme excuse si longtemps que quelque part nous espérons que cette situation de pauvreté justifie tout. Mais le fait est que Madagascar a ratifié la convention pour les droits de l’enfant et comme l’a si bien dit la représentante résidente de l’Unicef lors de son discours hier, « nous avons à respecter les droits de l’enfant non seulement parce qu’ils sont mignons et sans défense mais parce que c’est de notre responsabilité et de notre devoir comme le stipule si bien la loi ».

Y.L

La Gazette

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