2014-12-31 Notes du passé Contribution de l’industrie cimentière au développement

Publié le par Alain GYRE

Contribution de l’industrie cimentière au développement

2014-12-31 Notes du passé Contribution de l’industrie cimentière au développement

Au fil des années, les habitations d’Antananarivo descendent dans les rizières

31.12.2014

Notes du passé

Après la proclamation de la Répu­blique, l’agriculture constitue par vocation et par tradition la plus grande ressource de Madagascar. Pourtant, selon l’inspecteur du Travail, M.Roy, « elle ne saurait offrir un débouché suffisant aux moins de 15 ans qui forment actuellement les deux cinquièmes de la population malgache ». Les surfaces cultivées sont doublées, mais la faible productivité agricole devra obliger à un « vigoureux effort » de modernisation des méthodes et de superficies accrues pour moins de main-d’œuvre.

En général, l’agriculture et l’industrie doivent compter chacune un tiers de la population active. Pourtant, en 1959, 75% de cette dernière se trouve dans le secteur primaire et seule 4% travaille dans l’industrie. Ainsi, « la majorité du secteur rural doit fortement diminuer au profit de la main-d’œuvre industrielle », confirme le Pr Bastian.

D’après L. Janssens Van Der Maelen, secrétaire général de la Compagnie des ciments malgaches, l’industrie cimentière de la Grande île contribue au redressement qui s’impose en ce domaine et, en formant une main-d’œuvre spécialisée, participe à

« l’effort de qualification humaine » par l’élévation du niveau de vie.

« Allant à l’encontre du risque de chômage des intellectuels, elle recrutera aussi des jeunes gens sortis de l’enseignement technique, secondaire ou supérieur, de diverses spécialités, mécanique, électricité, chimie, etc. »

Et comme à l’époque, les dé­couvertes minières et les possibilités énergétiques n’ouvrent pas encore un grand avenir à l’industrie, l’activité de la cimenterie de Madagascar s’avère non seulement utile, mais aussi nécessaire. Cette usine est construite en 1932 face au banc de calcaire d’Amboanio. Mais comme la concurrence des produits d’importation paralyse son essor, elle est mise à l’arrêt en 1950.

Toutefois, le Territoire est conscient de l’intérêt majeur qu’elle représente pour l’économie de Madagascar et en fait aussitôt l’acquisition se souciant d’y intéresser un nouveau groupe cimentier. Les démarches aboutissent en 1956, à l’intervention de la Compagnie des ciments belges, société anonyme née de la fusion de quatre sociétés cimentières très anciennes, dont le groupe fondateur contrôle l’activité depuis longtemps. L’opération a pour résultat de rassembler les droits de fabrication des sociétés fusionnées tant sur le marché belge que sur les marchés internationaux, de concentrer et rationaliser leurs moyens de production de façon à exécuter dans les conditions les plus économiques et les plus favorables toute la gamme de leurs fabrications.

Avec comme président du conseil M. Plaquet, première figure des milieux cimentiers belges, la Compagnie repose sur une base financière extrêmement solide qui lui assure « une souplesse et des facultés d’adaptation que confirme sa prospérité et qui garantissent son succès futur ». Et ce, « à travers toutes les fluctuations possibles de la conjoncture comme en face de la mise en application progressive du Marché commun ». En 1960, sa capacité de production dépasse un million de tonnes par an.

La société devra devenir la société-mère de la Compagnie des ciments malgaches. Celle-ci est constituée le 3 juin 1956, au capital de 250 millions CFA, souscrit en majorité par le groupe de la Compagnie des ciments belges. Le Territoire lui cède la cimenterie d’Amboanio et devient actionnaire de la nouvelle société.

M. Plaquet en est le président.

L’installation intiale de la cimenterie n’est prévue que pour une capacité annuelle de 30 000 tonnes. Cette faiblesse constitue le facteur principal d’un prix de revient trop élevé par rapport à celui des cimenteries exportatrices qui ont une capacité beaucoup plus importante et de ce fait, pratiquent des prix de revient différents sur leurs marchés intérieur et extérieur. Pour réduire le prix de revient, il est indispensable de produire davantage.

Cependant, les perspectives d’exportation sont de plus en plus compromises par la création et l’extension de cimenteries dans les pays voisins, alors que la consommation de l’île représente le plafond de 120 000 tonnes par an. « La production de ce tonnage s’avére suffisante, mais aussi nécessaire pour assurer la pleine rentabilité de la cimenterie et l’enrayment complet des importations. » Les intérêts publics et privés « se confondent » dans la réalisation de l’objectif qui s’étale sur deux phases. Et au terme d’une période nécessaire de rodage, elle produit plus de 20 000 tonnes de ciment.

Pela Ravalitera

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