« Fady » et enfance dans la tradition malagasy

Publié le par Alain GYRE

« Fady » et enfance dans la tradition malagasy

« Fady » et enfance dans la tradition malagasy

Étranges, curieux et parfois improbables, les « fady » (tabous) ont su traverser les âges et les époques et demeurent omniprésents à Madagascar. Eh oui, de génération en génération, les « fombafomba » (usages) se transmettent et les traditions se perpétuent. Superstitions ou croyances, les « à faire » et « à ne pas faire » forment un tout indissociable à la richesse culturelle malgache. Enfreindre les « fady » se traduit à une injure envers les « ancêtres divinisés »que l’on appelle « Razana ». La pratique illustre bien des cas d’« interdits » : les coups de pied au mur font perdre les grands-parents, pointer du doigt un tombeau rend lépreux, siffler au beau milieu de la nuit incarne des esprits malveillants, ne pas parler de sorcière un jeudi, pas d’enterrement le mardi, ne pas cracher à la figure des gens au prix de devenir albinos… Et les coutumes ou « Fomba » qu’il faut respecter, comme verser un peu d'alcool sur le sol ou sur le « zoro firarazana » (côté nord d’une maison) à titre d'offrande aux ancêtres avant de boire les boissons alcooliques, tourner sept fois autour du grand baobab de Majunga le jour d’arrivée…

Savez-vous que l’enfance et la progéniture dite « taranaka » occupent une place cruciale au sein de la société malgache ? Certes, l’enfant est le pilier de la famille, le présent et l’avenir. D’ailleurs, bien avant sa naissance, il est soumis à différents rites ancestraux qui, selon les « Ntaolo » (ancêtre) forgeront sa personnalité. Du coup, je vous propose de découvrir avec moi les pratiques coutumières allant de mystérieuses à insolites, parfois même insensées qui perdurent dans la civilisation traditionnelle malagasy. Par les bruits qui courent, le bébé serait le portrait craché de la personne contre qui la maman se dispute le plus avant sa naissance. Vous y croyez vous ?

Bref, mesdames, durant la grossesse…

« Fady » et enfance dans la tradition malagasy

Ne mettez jamais des gingembres dans votre poche sinon il poussera un sixième doigt au bébé.

- Les pattes de canard ou d’oies ne doivent pas figurer au menu ses neuf prochains mois ! sinon les doigts du bébé risquent de se coller les uns aux autres.

- Interdit de porter une ceinture ou une écharpe nouée pour que le cordon ombilical ne s’enroule pas autour du bébé.

- Attention à ne pas enjamber une hache, le bébé pourrait naître avec un bec-de-lièvre.

- N’essayez pas de vous asseoir dans une « sobika » (panier sans anse) ça rendrait l’accouchement difficile.

- Un petit faible pour l’ananas ? bébé pourrait avoir des cheveux crépus et raides.

- Ne portez pas de melon sur la tête si vous ne voulez pas que bébé soit chauve.

On dit que si par malheur on égare le cordon ombilical du bébé, ce dernier aura une très mauvaise mémoire. Personnellement, ma mère a égaré le mien à ma naissance et question mémoire ^^… L’illustration parfaite du « very tadim-potra » (dont le cordon ombilicale a été perdu mais non donné aux bœufs). Coïncidence ?

Après l'accouchement...

« Fady » et enfance dans la tradition malagasy

Quand vous enfouirez le placenta au devant de la porte d’entrée, veillez à ne pas vous retourner au risque d’avoir un enfant qui louche.

Tous les petits garçons doivent être circoncis afin d'acquérir leur virilité. Avant la circoncision, ils ne s’assiéront que sur des mortiers retournés en guise de siège.

Lorsque le bébé atteint son 3ème mois, il aura droit à sa première coupe de cheveux. La maman choisit une personne aux beaux cheveux, ce dernier n’aura pas le droit de se retourner avant que la coupe ne soit fini de peur que le bébé deviennent louche.

- Selon la légende, des esprits malins roderaient la nuit pour terroriser les petits enfants. Dès lors, pour remédier aux pleurs nocturnes incessants, il faudra éviter de sortir bercer bébé pendant la nuit.

- Etonnamment, ne qualifiez pas un nouveau-né de « mafatifaty » (beau) mais plutôt avec le vilain nom « alikalika kely » (mignon comme un chiot).

- Après un enterrement, veiller à enjamber un papier en flamme au devant de la porte avant d’entrer, et à brûler des mèches de cheveux ou des élastiques à l’intérieur de la maison pour éloigner les esprits maléfiques de bébé.

- Le port d’un bracelet de bouton est obligatoire durant la poussée des dents du petit enfant.

Le jour où le jeune enfant sera plus grand que ses parents, il sera dans l’obligation de leur faire don d’un « saronan-karona» (panier avec couvercle).

Pour les malgaches, les enfants sont les « dimby sy fara », ils sont sacrés et précieux. Toutefois, leurs devoirs et obligations envers leurs parents et la société ne sont pas moindres. Tenu du « Valim-babena », l’enfant devenu adulte, témoigne toute sa reconnaissance envers ses parents qui littéralement l’ont porté sur son dos durant toute son enfance. Ce concept de « Valim-babena » prend les formes dès plus diverses : argents, cadeaux, aides, … Parallèlement, c’est à travers les pratiques de la société que l’enfant malgache puise tout le savoir–vivre à la malagasy, à citer la tradition du « vody ankoho » (croupion de volaille) qu’il faut laisser aux plus âgés en guise de respect.

Faniry Ny Aina RANDRIAN

Community Manager de Grandir Aventure

http://www.grandiraventure.com/

Publié dans Coutumes, Fady

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nekena 20/02/2015 13:44

jesus est le fils de dieu