Andilamena : l’eldorado du saphir

Publié le par Alain GYRE

Andilamena : l’eldorado du saphir

(16-02-2015)

Alors que l’opinion publique semble se focaliser sur le trafic de bois de rose qui sévit dans le nord ouest de la Grande île actuellement, l’exploitation illicite du saphir au profit d’étrangers gagne du terrain à Andilamena dans la région d’Alaotra Mangoro.

Andilamena : l’eldorado du saphir

© gggems.com

Depuis plusieurs semaines, le petit village répondant au nom d’Anosimboahangy est devenu le haut-lieu du commerce de saphir dans la région d’Andilamena. Ce village se situe tout près du gisement de saphir découvert sous peu. Il est accessible uniquement en moto ou en tracteur. Mais la moitié du chemin doit se faire à pieds. Le trajet dure plus de 7h. Mais cela n’empêche pas les milliers d’exploitants illicites de saphir d’y aller presque tous les jours, en espérant rapporter du saphir à revendre aux étrangers venus de très loin pour ces merveilles.

Depuis plusieurs semaines, de nombreux étrangers ont élu domicile à Andilamena. Comme en 2000, lors de la ruée vers le rubis, les hôtels et restaurants de la ville sont occupés par des ressortissants étrangers, une centaine selon certaines sources locales. Les autorités locales surveillent de près le mouvement de ces étrangers et des nouveaux habitants venus de toutes parts, pour faire fortune sur les terres d’Andilamena.

De source auprès du ministère des Ressources Stratégiques, la Police des Mines est déjà sur place, pour gérer la situation. Il y a en effet lieu de s’inquiéter. Faut-il rappeler qu’en 2012, l’exploitation illicite de l’or et du saphir dans les corridors Ankeniheny-Zahamena dans la commune rurale de Didy à Ambatondrazaka, par 30.000 personnes a engendré des grands problèmes sociaux dans cette région. Citons la recrudescence de l’insécurité, les différentes maladies survenues faute d’hygiène et de propreté, sans parler de la flambée du coût de la vie, de l’abandon scolaire et même de la prostitution qui prennent de l’ampleur.

Mais au-delà de ces aspects sociaux, il y a aussi l’environnement qui se retrouve totalement détruit par ce genre d’exploitation informelle des ressources minières. A Didy, il y a 3 ans, près de 30 ha de surfaces protégées ont été détruites en seulement un mois. Pour le cas d’Andilamena, le ministre des Ressources Stratégiques, Lalaharisaina Joeli Valérien avaient déclaré la semaine dernière que ces exploitants illégaux n’ont pas encore pénétrée dans la forêt pour y extraire du saphir. Ils attendent actuellement le rapport des éléments de la Police des Mines envoyés sur les lieux, pour prendre les décisions adéquates.

Le district d’Andilamena inclus dans la région de l’Alaotra Mangoro, est une zone à ressources minières non négligeable. Trois communes sur quatre y ont des exploitations minières. On y trouve notamment l’Or, le Rubis, le Corindon gemme et le saphir.

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Publié dans Revue de presse, Economie

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