Chante ma valiha : Des bambous et des hommes

Publié le par Alain GYRE

Chante ma valiha : Des bambous et des hommes

12 décembre 2014

Traditions

Qu’on s’en serve en vannerie, en construction, pour la fabrication des meubles ou des valiha, le bambou est indissociable du quotidien malgache. Facilement inflammable en ces périodes de feux de brousse, cette plante multitâche se rattrape néanmoins par son extrême prolifération.

Chante ma valiha : Des bambous et des hommes

Si l’on devait nommer une plante à usage universel outre le ravinala qui désaltère le voyageur et donne toits, murs et parquet à la maison malgache – ce serait le bambou.

Il n’est qu’à regarder autour de soi, il y a toujours un petit « truc », aussi infime soit-il, qui est fait en bambou dans la maison.

De fait, plus de la moitié des ménages malgaches en milieu rural utilisent cette plante ligneuse pour la vie quotidienne.

À première vue, les bambous sont tous pareils.

Et pourtant, il en existe 31 espèces endémiques, réparties dans toute l’île.

Pour les distinguer, le mieux est de se référer à la fleur qui constitue l’élément principal de chaque espèce.

Hélas, on rencontre rarement un bambou en fleur…

Et pour cause, chez lui reproduction rime avec patience – une leçon pour l’homme ? – sa floraison ayant lieu tous les cinq ans, ou plus pour certaines espèces !

Chante ma valiha : Des bambous et des hommes

Le bambou est d’abord une source de nourriture. Les pousses de bambou entrent dans l’art culinaire oriental mais s’invitent aujourd’hui à toutes les tables, car c’est délicieux et facile à préparer.

Dans la nature, les lémuriens-bambous (Hapalemur) en font leur plat principal.

Les espèces touffues et rigides sont les plus prisées pour l’aménagement de haies vives tandis que les bambous souples sont utilisés dans la vannerie et la confection de meubles.

Les paysans en tirent toutes sortes d’outils.

Les grands bambous servent par exemple à transporter de l’eau ou à la construction des cases, tandis que les espèces filiformes sont transformées en cannes à pêche.

En cette époque où l’écotourisme est en pleine expansion, la décoration d’un lodge ou d’un hôtel avec des meubles et des ustensiles en bambou est du meilleur effet.

À la fois exotique, simple et raffiné.

Il n’est pas rare, surtout lors des floralies, de voir ces plantes tressées ou torsadées donner ainsi un vrai cachet aux intérieurs. Tout comme ces bambous qui ornent les jardins privés. Une chose est sûre.

L’utilisation des bambous à des fis domestiques constitue une lutte biologique saine contre certaines de ces espèces qui sont par elles-mêmes envahissantes, quand bien même endémiques.

Un dernier mot pour saluer le bambou le plus emblématique de la culture malgache, celui de l’espèce valiha, indissociable de l’instrument de musique qui porte son nom ! Autrefois, ce bambou suffisait à la fabrication de l’instrument : le corps pour la caisse de résonance, les fibres pour les cordes.

Aujourd’hui, ces dernières sont remplacées par des fis de fer, voire des cordes de guitare, modernisme oblige. Sans oublier les flutes et autres cors en bambou.

La grande variété des espèces permet de fabriquer des instruments tous plus mélodieux les uns que les autres, et de toutes les tailles.

Ce n’est pas Rajery-Valiha, l’instrumentiste émérite, qui vous dira le contraire !

HansRajaonera

No comment&éditions est une maison d’édition malgache créée à Antananarivo en novembre 2011.

Elle publie principalement des livres sur Madagascar.

Ils sont distribués en librairie à Madagascar et en France.

Coordonnées à Madagascar : 2, rue Ratianarivo, immeuble Antsahavola, Antananarivo 101 - +261 20 22 334 34.

Coordonnées en France : 58, rue de Dunkerque, 75009 Paris - 06 12 75 51 06.

http://www.nocomment.mg

www.nocomment-editions.com

Publié dans Traditions

Commenter cet article