Diamanga : Le retour du guerrier

Publié le par Alain GYRE

Diamanga : Le retour du guerrier

2 février 2015

Sport de combat traditionnel des hautes terres, le diamanga avait pratiquement disparu de Madagascar.

Il renaît aujourd’hui de ses cendres et se reconnaît une incroyable parenté avec la capoeira brésilienne.

Au mois de mars, une délégation malgache composée de techniciens et de mpikatroka (pratiquants du diamanga) se rendra à La Réunion pour des échanges techniques avec des pratiquants de là-bas.

« Cela rentre dans le cadre d’une collaboration avec le Réunionnais Ndrenaza René, champion de France de savate en 1992, qui est très intéressé par le diamanga et qui a même publié des ouvrages dessus », fait savoir Parfait Rakotonirina, maître et entraîneur d’un club à Mahamasina.

Belle revanche pour un sport de combat pratiqué pendant des siècles dans les hautes terres malgaches , mais qui semblait avoir disparu du paysage.

Trop lié sans doute aux heures sombres de l’esclavage (diamanga signifie étymologiquement « pieds d’esclave »).

Diamanga : Le retour du guerrier

Pourtant, cet art martial traditionnel basé sur des coups de pieds est bel et bien en train de se réveiller et fera même l’objet d’une compétition internationale en 2017 !

L’autre intérêt du diamanga, pour les historiens du moins, est qu’il semble avoir donné naissance à la capoeira brésilienne, cette danse martiale que les esclaves exécutaient comme un divertissement au son des tambours, alors que c’était un véritable entraînement au combat à la barbe des « maîtres ».

Pour Andriatefinanahary, de l’Université de Paris-Sorbonne, les similitudes entre les deux disciplines sont plus que troublantes et s’expliqueraient de la façon suivante : le diamanga aurait été apporté au Brésil par des Malgaches capturés sur les Hauts Plateaux et revendus comme esclaves aux Portugais qui leur auraient fait traverser l’océan.

Réputés pour leurs techniques de coups de pied, ils se sont retrouvés tout naturellement à enseigner le diamanga aux esclaves africains.

Quasiment éteint à Madagascar, c’est à La Réunion que le diamanga a été reconnu pour la première fois, en 1999, comme un sport de combat à part entière.

Depuis, il ne cesse de faire des adeptes.

Généralement, les pratiquants sont des athlètes de haut niveau évoluant dans d’autres disciplines.

À l’instar de Parfait Rakotonirina qui est double champion du monde de savate ou de Ndrenaza René, champion d’Europe de boxe.

Ces dernières années, la tendance parmi tous ces athlètes est de normaliser la pratique du diamanga (au niveau des équipements notamment), prélude à sa reconnaissance internationale

Diamanga : Le retour du guerrier

« Le diamanga et le karaté sont égaux en qualité intrinsèque.

Si le karaté est plus élaboré, c’est que des gens ont consacré leur vie à son développement. Nous, nous n’en sommes qu’au début », faisait déjà remarquer Allain Razakatiana, un des précurseurs du diamanga moderne.

Mais les choses semblent s’accélérer et les projets ne manquent pas. « Pour 2015, nous allons consacrer notre temps à de la formation et à des échanges entre les îles de la région.

En 2016, nous créerons un Comité de l’océan Indien du diamanga afin de pouvoir organiser en 2017 la toute première compétition régionale », explique Parfait Rakotonirina.

Une compétition où Madagascar entend bien jouer des pieds et des mains pour se hisser à la première place…

SolofoRanaivo

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Elle publie principalement des livres sur Madagascar.

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