Famine dans le sud 54 000 élèves désertent l’école

Publié le par Alain GYRE

Famine dans le sud 54 000 élèves désertent l’école

la faim oblige les élèves dans le Grand sud à ne pas aller à l'école

09.02.2015

La « famine » qui sévit actuellement dans le Sud, amène 54 000 élèves à quitter les écoles, selon le ministère de tutelle. D’ici trois jours, le stock de vivres y serait épuisé.

Famine dans le sud  54 000 élèves désertent l’école

Le ventre affamé oblige les élèves à quitter les bancs de l’école. Ap­pa­remment, la détresse de la population dans le Sud du pays, atteint son paroxysme. Samedi, en marge de la journée de solidarité qui s’est tenue à la bibliothèque nationale à Ampefiloha, le ministre de l’Éducation, Paul Rabary, a fait savoir que « 54 000 élèves sur 100 000 au total dans le Grand Sud du pays, ont déserté l’école, à cause du ventre vide. Quand il n’y a rien à manger, les parents envoient les enfants à trouver de quoi manger. De ce fait, ils sèchent les cours », a expliqué le ministre.

Pour le moment, le ministère mise sur le programme de cantine scolaire, en partenariat avec le Pro­gramme Alimentaire Mondial (PAM), pour ramener, incessamment, ces élèves en classe. Outre le secteur éducation, la santé devient également préoccupante, à entendre le ministre, le professeur Lalatina Andriamanarivo. Par la même occasion que son collègue de l’Éducation nationale, celui-ci confie avoir envoyé des médecins dans le Sud, pour traiter surtout le paludisme et distribuer huit mille moustiquaires.

De la pluie

« Le paludisme a toujours existé, mais, il se propage dans le Sud, en ce moment de sècheres­se », laisse-t-il entendre. Pas moins de deux cent mille personnes, dans les régions Androy, notamment à Ambovombe, Tsihombe, Beloha, Bekily et dans la région Anosy, dont à Amboasary Atsimo, sont touchées par la «famine», selon le rapport du ministère de la Population, de la Protection Sociale et de la Promotion de la Femme (MPPSPF), représenté sur place, par la ministre Onitiana Realy. Celle-ci renouvelle son appel SOS en faveur de la population du Sud, car selon elle, «la situation reste préoccupante». Sans pour autant confirmer, son communiqué de samedi rapporte cent-trois cas de décès dans le district de Bekily, depuis le mois de novembre. Ces décès seraient liés à d’autres causes comme le paludisme et la consommation des fruits qui ne sont pas encore mûrs.

Le pire reste à venir, selon toujours le communiqué du ministère de la Population, malgré la pluie qui arrose la zone de sècheresse. « La pluie est tombée depuis trois jours, notamment à Amboasary, Ambovombe et Bekily, après pratiquement six mois de sècheresse….le maïs, le manioc ou la patate douce qui pourront être plantés prochainement, ne donneront des fruits que d’ici 3 à 4 mois au plus tôt. Dans

certaines localités comme à Ambovombe, le stock de vivres pour la population sera totalement épuisé d’ici trois jours », stipule le communiqué.

Le Bureau National de Gestion des Risques et Catastrophes (BNGRC) rassure que les aides d’urgences se poursuivent.

Michella Raharisoa

L’Express

Publié dans Revue de presse, Social

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