Insécurité alimentaire dans le Sud : Des fruits de cactus et des racines pour se nourrir

Publié le par Alain GYRE

Insécurité alimentaire dans le Sud : Des fruits de cactus et des racines pour se nourrir

Rédaction Midi Madagasikara 4 février 2015

Insécurité alimentaire dans le Sud : Des fruits de cactus et des racines pour se nourrir

Le marché de Tsihombe où se vendent des fruits de cactus rouge qui ne sont pas encore mûrs. Le marché de Tsihombe où se vendent des fruits de cactus rouge qui ne sont pas encore mûrs.

C’est une question de survie. Le besoin urgent en nourritures et semences concerne la population de l’Anosy et de l’Androy.

« Les gens commencent à manger des racines ainsi que des fruits de cactus rouge. En raison d’une trop faible pluviométrie et de la sécheresse qui en résulte, la grande saison est maintenant définitivement perdue ». Enrique Alvarez, chef de bureau du Programme Alimentaire Mondial (PAM) dans le Sud de Madagascar, ne cache pas sa préoccupation face à une sécheresse qui sévit principalement dans l’Androy et l’Anosy. Depuis le mois de décembre, dans l’extrême Sud, incluant Ambovombe, Tsihombe, Beloha, Amboasary, Ampotaka, Bekily et dans les localités voisines, la pluviométrie insuffisante et très irrégulière compromet sérieusement la production agricole. Le déficit pluviométrique – moins de 100mm de précipitations dans la région où la pluviométrie annuelle devrait être de 400mm – s’ajoutant au vent très sec qui assèche les jeunes plants de culture, exposent les plus vulnérables de la population à une situation d’insécurité alimentaire de plus en plus préoccupante. Si les prévisions de production pour la campagne agricole 2014-2015 étaient de plus de 550 000 tonnes de manioc sur 3 000 ha, environ 20 035 tonnes de riz sur 6 000 ha et 12 000 tonnes de maïs, aucune de ces prévisions ne sera atteinte.

Décapitalisation. Sur le marché, les denrées alimentaires se font rares. Le kilo de manioc se vend à Ar 1 000, le prix du « kapoaka » de riz est passé de Ar 400 à Ar 600. Dans les villages, le prix du bidon d’eau de 20litres, de Ar 400 à Ar 1 000. Le PAM et la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) qui distribuent des aides alimentaires dans ces régions, se préoccupent du stock de nourritures. Il ne suffira pas jusqu’à la fin de la période de soudure.

Les ménages commencent également à vendre leurs chèvres et à un prix bien inférieur à leur valeur, alors que ces espèces caprines représentent le capital dans lequel les familles placent leurs épargnes. A Amboasary, parmi les localités les plus affectées par la sécheresse, le prix d’une chèvre est bradé à Ar 15 000 au lieu de Ar 40 000. Cette décapitalisation des ménages les plonge dans une situation de vulnérabilité et les expose à un risque de famine encore plus accru. En l’absence de pluie dans les prochaines semaines, le « kere » (famine), affecterait des populations entières. Le Bureau national de gestion des risques et catastrophes (BNGRC) parle de deux décès à ce jour. Pour leur part, les responsables du PAM et de la FAO dans le Sud préfèrent rester prudents sur les chiffres : « Il y a des décès signalés dans l’Androy et l’Anosy, mais à ce stade, on n’est pas encore en mesure d’affirmer avec certitude qu’ils sont dus vraiment à la famine. Généralement, ce sont des combinaisons de facteurs qui amènent à des décès ».

VCT. Les aides alimentaires sont déjà déployées actuellement. Le PAM intervient notamment auprès de 75 000 personnes et se penche particulièrement sur les enfants et les femmes enceintes et allaitantes. Des programmes « vivres contre travail » sont également mis en œuvre. Dans les prochains jours, une plate-forme de concertation réunissant tous les intervenants dans le Sud se réunira afin d’évaluer l’étendue des besoins et le nombre de personnes touchées. Ce cluster se réunira incessamment à Tolagnaro et remettra ses conclusions aux autorités malgaches.

Hanitra R.

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