L’aigle et la poule : «Le cri de l’aigle »

Publié le par Alain GYRE

L’aigle et la poule : «Le cri de l’aigle »

L’aigle et la poule : «Le cri de l’aigle »

Savez-vous pourquoi, selon la légende malgache, les aigles poussent ce cri strident ? Non ? Peut-être savez-vous alors pourquoi ils attrapent sans relâche les poussins des villageois pour leur dévorer uniquement le ventre ? Non ?

Et bien une très ancienne histoire racontée par les anciens sakalavas autour du feu le soir devant un bon ravitito coco aux patsas (brèdes de manioc pilées et cuites au lait de coco agrémentées de petites crevettes séchées) nous donne une explication assez rationnelle

Un jour, une petite poule plus maline que ses semblables s’est demandée pourquoi, elle et les autres poules, ne pouvaient pas voler malgré que Dieu les aient pourvues de grandes ailes.

Elle pouvait demander aux autres poules mais celles-ci ne pensaient qu’à manger et ne se souciaient guère de savoir la raison pour laquelle elles n’étaient pas comme les autres oiseaux.

Les Drongos ne prirent même pas le temps d’écouter la petite poule, bien trop fières pour discuter avec un oiseau qui ne vole pas…

Le dindon n’avait aucune explication étant lui-même dans la même situation.

Le minuscules foudi, quant à lui, avait sa théorie, il avait toujours trouvé les poules trop grosses. Il était certain que la raison était qu’elles étaient trop lourdes pour que leurs ailes les portent.

La petite poule entama alors un long régime afin de devenir plus mince. Elle fit beaucoup de sport en courant chaque jour, à plusieurs reprises, du village d’Ambovolalina jusqu’au Lodge des Terres Blanches. Elle finit par devenir très athlétique, un vrai poulet bicyclette.

Elle se décida à monter difficilement au sommet du plus haut tamarinier et se jeta dans le vide en battant des ailes le plus rapidement possible. Sa chute fut freinée, certes, et elle pu parcourir quelques mètres, mais il s’agissait bien d’une chute et non d’un vol.

Spectateur amusé de cette scène, le majestueux aigle assura à la poule que son poids n’était pas en cause. L’aigle, pourtant plus lourd que la petite poule, fit une merveilleuse démonstration de vol au-dessus de la belle plage d’Antanimalandy. Plongeons, changements de direction, vol statique, une technique impressionnante. Tous étaient émerveillés par une telle maîtrise de vol.

Il assura à la poule qu’elle n’avait pas assez de plumes et, sensible au désarroi et à la détermination de cette dernière, l’aigle lui remis en cadeau un gros tas de belles plumes mises de côté depuis longtemps pour la confection du nid et lui remis également une fine aiguille pour coudre les plumes sur ses ailes. L’aigle tenait particulièrement à son aiguille car elle lui permettait de garder un plumage régulier et sa maîtrise du vol si importante à sa survie. Cette aiguille était en or et lui avait été remise par ses parents le jour de son premier vol. Il précisa, avec insistance, d’en prendre le plus grand soin sous peine de graves représailles.

Il reviendrait rechercher son bien 2 jours plus tard.

La poule commença le long travail de couture sur ses propres ailes et, le soir, mis l‘aiguille dans un endroit sûr, sous la sable près du poulailler.

Le jour suivant, le travail fut achevé avec l’aide du dindon, très curieux du résultat, et, le soir, elle remit l’aiguille au même endroit sous le sable.

Le lendemain, avant même avoir pu tester ses nouvelles ailes, la poule vit l’imposant aigle se poser près du poulailler pour constater le travail accompli. Il était impressionnée du résultat, la poule était devenue belle et ressemblait un peu à un aigle. Il la félicita pour sa détermination et réclama sa précieuse aiguille.

Elle chercha l’aiguille précisément à l’endroit où elle l’avait cachée et ne trouva rien. Elle ne comprenait pas, elle était pourtant certaine de l’emplacement exact. Elle fut prise de sueurs froides…

L’aigle s’impatientait.

Elle appela le dindon pour lui demander s’il n’avait rien constaté la veille au soir et celui-ci rapporta qu’il avait vu les poussins jouer près du poulailler à cet endroit précis. Le dindon était persuadé que l’un des poussins avait mangé l’aiguille, comme ils avaient l’habitude d’avaler tout et n’importe quoi.

Ils questionnèrent les poussins sous les yeux furieux de l’aigle. Ils usèrent d’un charabia incompréhensible et aucun ne pu rapporter clairement ce qui s’était passé la veille.

La patience de l’aigle avait atteint sa limite. Il eut un envol lourd et bruyant et un cri qui terrifia tous les oiseaux.

Depuis ce jour précis, l’aigle tourne constamment dans les airs en réclamant, dans un cri glacial : « Mon aiguiiiiiiiiiiiiiiille, mon aiguiiiiiiiiiiiiiille mon aiguiiiiiiiiiiille » et attrape, les uns après les autres, les poussins du village qui sont à découvert et leur ouvre le ventre pour vérifier s’il ne contient pas sa précieuse aiguille.

Les poules quant à elles, fouillent le sol avec leurs pattes sans relâche dans l’espoir de retrouver le petit accessoire de couture qui, il faut le préciser, n’a jamais permis à la petite poule de prendre son envol.

Le mystère reste entier mais les poules ne cherchent plus à comprendre pourquoi elles ne volent pas.

Cette histoire nous a été contée par Richard, notre marin depuis 7 ans.

Cette légende parmi beaucoup d'autres lui ont été racontées par son père.

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