Le danger public des transports urbains

Publié le par Alain GYRE

Le danger public des transports urbains

Publié par : APOI 16 mars 2015

Voilà des décennies, depuis la faillite des sociétés d’Etat au milieu des années 80, que des coopératives de transport privé assument dans une opacité la plus totale, cette mission de service public de la plus haute importance.

Le danger public des transports urbains

Pourtant le service est des plus déplorables et ces véritables cercueils roulants tuent chaque semaine. Normal quand on voit l’état de ces « taxis be » qui roulent sans phares (ou « borgnes » dans le meilleur des cas), sans freins ni clignotants, ni aucune notion du code de la route. En outre, ces chauffards n’ont aucun scrupule à doubler à droite dans les embouteillages, sachant qu’un autre chauffard complice les laissera passer. Le gouvernement a bien annoncé que ce genre d’attitude serait sanctionné par un retrait de permis immédiat, mais rien n’a changé à ce jour car les chauffards de taxi be, comme les marchands informels font désormais la loi.

Il faut savoir que ces chauffards et leurs assistants (en principe hirsutes, malpolis et même agressifs envers les clients) n’ont aucune notion du service public. Bernardin Andriambinintsalomora, s’exprimait récemment dans les colonnes de nos confrères de l’Hebdo de Madagascar au nom de l’Union de la coopérative de transport urbain et ses propos font peur. Ils démontrent toute la méconnaissance du secteur par l’un de ses représentants. On y apprend en effet que ces chauffards sont « de simples employés journaliers, payés quotidiennement qui reçoivent des bonus quand le montant des versements obligatoires est atteint ».

On comprend mieux deux choses du coup : d’abord que les usagers roulent en toute insécurité et qu’en cas d’accident aucune assurance ne pourra les aider puisque ces chauffards ne sont pas déclarés et donc pas habilités à transporter du public !

Par ailleurs on comprend mieux pourquoi ils s’arrêtent n’importe où (de préférence en plein virage et au milieu de la route) puisqu’ils doivent atteindre un objectif à rembourser. Une solution pourrait être de les salarier, mais à cela le patron de de l’Union de la coopérative de transport urbain répond que « le transport urbain existe depuis 1960 et les chauffeurs agissent toujours de cette manière » ! Normal donc de continuer à tuer des gens et à coincer les autres par des arrêts intempestifs. Pauvre ville !

Publié dans Revue de presse

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