Reboisement : Une 1ère campagne pour les mangroves

Publié le par Alain GYRE

Reboisement : Une 1ère campagne pour les mangroves

Publié le mardi 17 mars 2015

Loin des reboisements pique-niques des ministères et entreprises aux alentours de la capitale demeurés dénudés après des décennies de reboisement, la première campagne de reboisement de mangroves est différente.

Reboisement : Une 1ère campagne pour les mangroves

Elle s’est tenue à Manapatanana sur la route d’Amborovy à Mahajanga le 7 mars dernier. Si les autorités organisatrices ont attendu l’arrivée de 7 000 participants dont notamment les riverains, elles ont vu affluer plus de 10 000 personnes. Preuve comme quoi, les riverains commencent à prendre conscience de l’importance des mangroves, à la fois nurserie pour les bébés crevettes, espace dédié aux crabes, etc. Bref, il s’agit d’espèces halieutiques à haute valeur ajoutée. La 1ère campagne de reboisement de mangroves a consisté à planter 70 000 palétuviers dont 10 000 jeunes plants, 60 000 graines en germination. Citons aussi la mise en terre de 7 500 mangroves mâles et femelles confondus sur une zone de marais à mangroves de 10 ha. Et pour décorer les bords de la route qui traverse cette zone, les participants au reboisement ont également planté 200 pieds de flamboyant. Outre les riverains, ces participants ont compté des associations, surtout féminines, des élèves et étudiants, des représentants des services techniques déconcentrés, des éléments des forces de l’ordre, des scouts…

Après le Cameroun, Madagascar est le pays qui compte le plus de variétés et d’étendues de mangroves en Afrique. Seulement, les mangroves sont déboisées pour servir la construction, la cuisson, etc. Or, la nouvelle orientation économique mondiale porte sur l’économie bleue, c'est-à-dire la mer et ses ressources. Les mangroves sont un des éléments-clés de cette économie. Après Mahajanga, il est question de repeupler les espaces à mangroves sur toutes les côtes concernées situées à l’Ouest et au Nord-Ouest du pays. Un système de suivi-évaluation et de surveillance des espaces reboisés est prévu pour préserver les reboisements. Ce n’est pas le cas pour les reboisements pique-niques autour de Tanà. Dans la quasi-totalité de ces campagnes annuelles, il n’y a ni suivi ni évaluation ni surveillance des espaces reboisés. En fait, les ministères et institutions publiques ainsi que les entreprises qui s’y adonnent dépensent pour rien et permettent à leurs employés de chômer pour une journée.

Il faut aussi noter qu’aucune sanction n’est appliquée ni contre les pyromanes qui s’attaquent régulièrement à la brousse ni aux exploitants forestiers illicites et encore moins aux cerveaux des trafics de bois de rose. A quoi bon reboiser si ce qu’on plante aujourd’hui sera décimé par les feux à la prochaine saison sèche ? A quoi bon reboiser si les bois précieux sont pillés par des réseaux mafieux impliquant des hauts responsables étatiques ? En fait, le secteur forestier a besoin d’une vraie stratégie et donc de la volonté politique des dirigeants d’en finir avec l’impunité.

Fanjanarivo

La Gazette

Publié dans Economie

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