Innovation technologique : Construction d’un avion 100 % « Vita Malagasy »

Publié le par Alain GYRE

Innovation technologique : Construction d’un avion 100 % « Vita Malagasy »

Rédaction Midi Madagasikara 11 avril 2015

Innovation technologique : Construction d’un avion 100 % « Vita Malagasy »

(De g. à Dr.) Vonjy Andriamaroandraina, l’ingénieur et constructeur, et Rajerisoa Rasata Mandimby, le directeur du projet. (Photo : Yvon Ram)

On peut construire un petit avion en l’espace de deux mois et demi pour une valeur de moins de 150 millions d’Ariary.

Après la voiture Karenjy fabriquée à Madagascar, des passionnés malgaches dans le secteur aéronautique lancent actuellement un défi de construire un avion 100 % « Vita Malagasy ». Il s’agit notamment d’un avion ultra-léger dit ULM biplace. « C’est relativement aisé à construire tout en suivant des plans complets rigoureux et très détaillés », a expliqué Vonjy Andriamaroandraina, ingénieur et constructeur, lors de sa rencontre avec la presse hier. Ce promoteur a évoqué en gros les caractéristiques techniques de cet ULM. Ayant une envergure de 8 m, l’avion pèse 450kg en ordre de vol et peut transporter deux passagers et 100kg de bagages à bord ainsi que du carburant pour réaliser 4 heures de vol à 125 km/h en moyenne. « Le plafond de vol est de 2 500 m tandis que la puissance du moteur est de 65 CV », a-t-il rajouté.

150 millions d’Ariary. Parlant de matériaux de construction, « la plupart est disponible sur place pour ne citer que le fer utilisé pour l’assemblage de la carlingue, sans oublier le capitonnage des sièges. Par contre, le moteur et les appareils électroniques doivent être encore importés. Nous pouvons compter sur l’aide des amis à l’étranger pour nous fournir certains équipements en cas de besoin », a fait savoir cet ingénieur ayant de forte expérience en la matière. Certes, ce petit avion tel que le Balérit 1 000 est facile à construire, mais quid de son coût de fabrication ? Le directeur du projet, en la personne de Rajerisoa Rasata Mandimby, a soulevé que cela ne devrait pas dépasser le prix d’un véhicule 4×4 de bonne occasion. « Nous estimons un coût total de moins de 150 millions d’Ariary, pour ce faire, et ce, en l’espace de deux mois et demi. Nous disposons déjà les 30 % de ce montant pour pouvoir entamer assez tôt les travaux », a-t-il poursuivi.

Besoins. Mais à quoi sert ce petit avion ? Il faut savoir que l’ULM comme le Balérit 1 000 est une alternative intéressante étant donné son faible coût à l’acquisition et à l’exploitation. « Cet appareil peut décoller et atterrir sur une courte distance, sur terre battue, et être utilisé dans beaucoup de zones à Madagascar. Il peut être utile dans de nombreux cas tels que la surveillance d’essaims de criquets, de vols de bovidés, des zones côtière et maritime ainsi que des sites forestiers et des feux de brousse. L’inventaire des zones détruites par les cataclysmes naturels ainsi que l’acheminement des matériels de premiers secours aux sinistrés peuvent également se faire via ULM », a exposé Rajerisoa Rasata Mandimby. L’augmentation des besoins dans l’utilisation d’un tel appareil se fait également sentir. En effet, un manque crucial de moyen léger et économique de survol est constaté car les heures de vols des aéronefs comme l’hélicoptère coûtent chers. C’est d’ailleurs la raison qui pousse ces promoteurs à monter leur projet, concocté depuis six mois.

Rêve. En fait, « nous voulons mettre à la disposition des utilisateurs comme le ministère de la Population, le BNGRC et le Centre National Anti-acridien, notre ULM, une fois construit, pour des activités non lucratives. Ils assureront tout simplement les charges d’exploitation. Par ailleurs, notre objectif est de donner un rêve aux autres en facilitant l’accès aux services aériens puisque beaucoup de nos compatriotes n’ont pas encore eu l’occasion de voyager en avion pour survoler son pays natal », a-t-il précisé. Quant à l’entretien et au pilotage, l’ingénieur Vonjy Andriamaroandraina a évoqué que ce petit appareil se laisse piloter facilement et intuitivement. « L’entretien suit juste quelques règles aisées à observer », a-t-il conclu.

Navalona R.

Midi Madagasikara

Publié dans Economie

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