Les contes se refont une santé

Publié le par Alain GYRE

Les contes se refont une santé

Les contes se refont une santé

Linda Volahasiniaina (1ère à g.) et ses camarades musiciens ont ravi les spectateurs en illustrant les contes du spectacle en musique.

18.05.2015

Le public du Cercle Germano-Malgache a eu droit à une narration de contes très particulière samedi dernier. Le tout sur un fond de spectacle musical enjoué.

La musique, le chant et la danse au service de la narration des contes malgaches. C’est ce à quoi a eu droit le public du Cercle Germano-Malgache samedi après-midi. Des contes typiques de la tradition orale malgache ont été racontés sur scène. Ils étaient une douzaine d’artistes de tous horizons à s’être ralliés à la musicienne Linda Volahasi­niaina autour de ce projet artistique inédit, tant par la présentation que par la prestation de ses acteurs. Au départ, Linda Volahasiniaina a déjà travaillé ce spectacle en compagnie de jeunes enfants percussionnistes auxquels elle enseigne la musique. Apprendre et raconter les contes traditionnels tout en jouant de la musique, c’était là l’essence du projet.

Elle raconte « Cela fait près de cinq ans que j’ai projeté de faire ce spectacle, et il y a six mois, l’idée m’est venue de la mettre en scène avec d’autres artistes, venant d’autres disciplines musicales. Ainsi, dans cette petite troupe, on a une pianiste qui fait essentiellement de la musique classique, une autre qui fait du jazz et d’autres qui font de la musique traditionnelle ». En outre, de charmantes danseuses ont orné la pièce de leur talent. C’est ainsi que vers 15h, en interprétant et en dansant les chansons « Dihin’ny Ntaolo » et « Mandry ve ny ao an-tanàna », les artistes sont entrés en scène. Le spectacle débute alors. La jeune conteuse d’histoire Gyvine raconte un à un les contes aussi fantasques que drôles de son répertoire, tout en émouvant un public songeur à l’écoute des messages et des valeurs véhiculés dans ces histoires. Chaque conte étant espacé et illustré par la suite par des chansons folkloriques et traditionnelles, comme

« Lanitra mangamanga », « Raivo » et « Ô isa ».

Contes et mondialisation

Évoquant, entre autres la cosmogonie, c’est-à-dire des histoires racontant la naissance du monde et des hommes, ou encore l’amour à travers le conte de « Atsiha sy velona », une version traditionnelle de l’histoire des premiers hommes créé, par Zanahary, ou encore le conte « Ody aina », les histoires et les prestations musicales et chorégraphiques de la troupe ont ravi les spectateurs du CGM. Faire connaître les vraies valeurs de la tradition orale auprès des jeunes, et le public actuel en général, de façon plus dynamique et conviviale, tel est l’objectif de ce spectacle.

Un objectif sans doute atteint. « Tout est bon dans notre culture, C’est le message que l’on veut surtout faire passer dans les contes que l’on raconte à travers ce spectacle, surtout notre culture traditionnelle. Certes, on est contraint de vivre et de s’adapter à la mondialisation, mais on ne doit pas, pour autant, délaisser notre culture traditionnelle », affirme Linda Volahasiniaina. De ce fait, il n’a pas été surprenant si, à travers cette communion entre tradition et mondialisation, la troupe a illustré les contes par des tubes occidentaux comme « What a wonderful world » ou « Somewhere over the rainbow » sur des sonorités plus jazzy. Linda Volahasiniaina et ses compagnons projettent prochainement de présenter ce spectacle auprès des écoles primaires ou des collèges de la capitale.

L’Express

Publié dans Culture

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