Légende: Le Vazimba

Publié le par Alain GYRE

Le Vazimba

Légende: Le Vazimba

Le Vazimba est masina (sacré) et je ne suis pas prudent de le qualifier de "monstre", c’est peut-être fady (interdit). Le vazimba est un humanoïde de petite taille. Les descriptions sont pléthores mais jamais consensuelles. Voici justes quelques exemples : grand yeux, grosse tête, longs bras, longs doigts, longues ongles, etc. Beaucoup s’accordent à dire actuellement que les vazimba sont les premiers habitants de l’île. Ils ont été soit chassés et exterminés soit incorporés par les nouveaux arrivants (des malgaches actuels se disent descendants de vazimba) et de ce fait n’existent plus en tant que groupe à part. Les différentes descriptions font penser à des pygmées ou à des hominidés atteints de nanisme insulaire à l’instar de l’Homme de Florès. Leur disparition, l’absence de documents ni même de tradition orale assez fiable à leur sujet ainsi que l’imagination débordante des malgaches ont fait de ce « peuple » de véritables divinités olympiennes anonymes.

Ainsi, actuellement, les endroits dites "où il y a un vazimba" sont sacrés : les rivières, les lacs, les bois, les tumulus, les grottes, des régions entières, etc. Ces places sont réputés interdit de porc, mort ou vivant, d’oignon, d’alcool, et de gros mots. Et surtout il est interdit d’avoir un acte sexuel complet dans ces endroits aux risques de subir un penis captivus garanti.

Et voilà que les légendes contemporaines en rajoutent. Quelqu’un a pissé sur la tombe d’un vazimba, son sexe a grossi à l’extrême amenant l’opprobre sur sa tête – Des jeunes ont pique-niqué avec de la mortadelle de porc au bord d’un lac de vazimba et ont bu de l’alcool avant de faire une balade en pirogue (le porc et l’alcool ainsi que l’ail sont fady aux vazimba); bilan 4 morts – Un couple adultère a fait l’amour derrière un tombeau de vazimba (c’est un tumulus et on suppose que c’est un tombeau de vazimba) et vous connaissez la suite (coïtus captivus) – un homme a violenté un passant, c’était un vazimba déguisé et l’homme a eu le cou qui s’est tordu tout seul.

Les sceptiques vont me dire que le sexe qui enfle c’est éléphantiasis, le naufrage des jeunes ivres c’est un accident, le cas de « captivus » c’est à cause du stress et du sentiment de culpabilité et le cou qui se tord est une crampe. Vous avez peut-être raison mais si vous passez des vacances chez nous et que vous visitez un endroit à vazimba, n’essayez pas de faire le malin.

Alain Brecqueville

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