Saison de la circoncision : Plus qu’une pratique

Publié le par Alain GYRE

Saison de la circoncision : Plus qu’une pratique

mercredi 10 juin 2015, par Randria M.

Saison de la circoncision : Plus qu’une pratique

La saison de la circoncision s’ouvre en cette période froide de l’année. Environ 50 petits garçons par jour se font circoncire depuis le début du mois de juin 2015, dans un cabinet médical, qui exerce la circoncision à l’américaine. En général, ils sont âgés de 2 ans.

Les pratiques se diversifient, à part la circoncision traditionnelle malgache, il y a la chirurgie, la circoncision américaine et la cautérisation. De ce fait, la pratique peut se faire tout au long de l’année et pour tout âge. Confier ses enfants aux guérisseurs traditionnels ou « rain-jaza » a été submergée par les années, surtout à Antananarivo. Les parents optent plus pour la méthode américaine. Cette dernière est effectuée en assistance de matériels spécifiques comme le bistouri. « J’ai plus de confiance aux médecins car ils sont plus efficaces. De plus, c’est un souci d’hygiène pour éviter les infections et les hémorragies » nous explique une mère de famille qui a opté pour la circoncision moderne pour son fils. Le coût d’une circoncision y varie entre 20.000 à 240 000 Ar selon les prestations.

La bonne vieille méthode pour plus de sens

Saison de la circoncision : Plus qu’une pratique

Malgré cela, certaine famille préfère la circoncision à la malgache ; cette tradition est plus préservée dans les milieux ruraux. La saison froide est la saison la plus favorable car elle rafraichit la plaie et favorise une cicatrisation rapide. L’idéal serait de faire l’opération au premier quartier de la lune. Chaque étape de la circoncision renferme une sagesse dans la culture malgache. La période de la circoncision s’appelle les « andron-dahy », c’est un passage permettant au petit garçon d’intégrer le monde des hommes, de devenir un vrai mâle avec sa virilité. Traditionnellement, il purifie le petit mais scientifiquement, il le protège également des maladies sexuellement transmissibles et des infections.

L’opération doit se faire à l’aube avant 5h du matin, mais la veille, les membres de la famille se réunissent déjà pour réchauffer le futur mâle, lui souhaitant une vie prospère. Le rite est mené par les « rain-jaza ». Pendant ce temps, un groupe de jeunes hommes vaillants vole des tiges de canne à sucre, pour les placer ensuite dans la maison, pour que les parents puissent encore mettre au monde des enfants mâles. Après ils vont couper un tronc de bananier, puis puiser l’eau sacrée ou le fameux « ranomahery » à la source, généralement au pied d’une colline. L’eau doit être portée par un homme, dont les parents sont encore en vie, tout comme l’homme qui doit tenir l’enfant pendant l’opération. Le « ranomahery » est utilisé pour laver les mains du « rain-jaza », de matériels qu’il utilise et de la plaie. Le sang qui coule, atteignant le sol, signifie la fusion de l’enfant avec la terre de ses ancêtres. Ensuite, le prépuce est avalé par un grand-père, accompagné d’une banane. L’enfant est amené enfin au sein des proches, qui se réjouissent et lui comblent de cadeau.

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Le « Sambatra » à Manajary.

Les rituels se diversifient selon les régions, le plus célèbre est le « Sambatra » de Mananjary, où le peuple est encore ancré dans sa culture.

Mais que ce soit traditionnel ou moderne, la famille ne rate pas d’en faire un évènement et une fête familiale. Les dépenses sont plus ou moins considérables, « nous comptons faire circoncire notre fils au mois d’août, c’est un jour unique, donc nous voudrions que toute la famille assiste à l’événement. Pour cela nous envisageons de dépenser au moins 400.000 ariary » affirment les parents. Le marché des jouets va sans doute s’en réjouir, de plus qu’on est au mois de l’enfant.

http://www.madagascar-tribune.com/

Publié dans Coutumes

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maximeg 11/06/2015 08:50

circoncisions rituelles & droits de l'enfant:
http://www.enfant.org