Cantine scolaire : Seulement 12% des élèves ciblés en bénéficient

Publié le par Alain GYRE

Cantine scolaire : Seulement 12% des élèves ciblés en bénéficient

Rédaction Midi Madagasikara 19 août 2015

La cantine scolaire est vitale pour les élèves malgaches, en particulier ceux dans les endroits éloignés.

Manque de financement, insécurité, détournement… empêchent encore la plupart des élèves malgaches de bénéficier de la cantine scolaire.

Cantine scolaire : Seulement 12% des élèves ciblés en bénéficient

Sur les 3 millions d’élèves des écoles primaires ciblés par le programme cantine scolaire du Ministère de l’Education Nationale (MEN), seuls 225 000 d’entre eux ont pu en bénéficier, soit 12%. Ceci, depuis le début du programme en 1998 jusqu’à maintenant. Et ces bénéficiaires sont généralement ceux des régions les plus vulnérables du pays, notamment l’Androy, l’Anosy, et l’Atsimo-Andrefana. Ce qui donne au total 1 200 EPP, puis quelques écoles privées. A celles-ci s’ajoutent 15 EPP de la capitale, celles des bas quartiers, composées de 12 572 autres bénéficiaires, selon les dernières statistiques en mars 2015. Ces données montrent ainsi à quel point l’insuffisance est encore démesurée en ce qui concerne la cantine scolaire à Madagascar. Pourtant, nul n’est censé ne pas savoir que l’alimentation conditionne la réussite des élèves, en particulier ceux des endroits isolés. Ces aliments sont généralement composées de maïs (zones vulnérables), du riz (Tana), accompagnés de légumes secs, et de la vitamines,… «Le taux de fréquentation des écoles a favorablement augmenté, notamment de 60 à 70% dans ces zones ciblées. Et ces EPP ont toutes affiché un taux de réussite de 100 %. Par contre, le taux d’abandon n’a fait que chuter. Ce sont là les preuves de l’efficacité du programme cantine scolaire», témoigne Dôdy André Rasoahoby, coordonnateur national dudit programme qui est rattaché à la direction de l’Education Fondamentale du MEN. Déjà tous les élèves des EPP à travers le pays ne peuvent même pas encore jouir de ce projet. Alors, jusqu’ici, ceux des CEG et des Lycées devront encore se contenter d’observer.

Budget spécial. En fait, la source du problème est liée au manque de financement, poursuit ce responsable de la cantine scolaire. Sans compter l’insécurité, et les petits détournements locaux, dans certains endroits, empêchant parfois les vivres d’atteindre les cibles. «Il faudrait que l’Etat alloue un budget spécial pour l’alimentation scolaire afin que toutes les cibles, au moins, puissent en bénéficier», rajoute Dôdy André R. Ce qui est encore difficile à réaliser vu le contexte actuel. A noter qu’un élève consomme jusqu’à 450 Ar d’alimentation par jour. Avec la cantine scolaire, l’on vise à donner un repas par élève, par jour, pendant 5 jours, et pendant 175 jours par année scolaire.

Gagnant-gagnant. Jusqu’ici, les principaux bailleurs du projet cantine scolaire à Madagascar sont: la Norvège, le Japon, la Banque Mondiale, l’Unicef, le Canada, l’AFD, l’Union Européenne, le PAM Rome. La gestion de l’argent a été confiée au PAM. Ce dernier joue ainsi le rôle de prestataire de services. En ce moment, un projet intitulé « Programme des Pays» financé par les mêmes bailleurs vient d’être signé par Madagascar pour assurer la cantine scolaire d’ici 2019. Les besoins du PAM remontent ainsi à 69 millions USD, selon toujours les explications. Et une nouvelle stratégie visant à acheter les produits locaux pour l’alimentation scolaire est actuellement en cours de réalisation. «Alimentation scolaire basée sur les achats locaux» ou ASBAL, tel est le nom de cette nouvelle approche. «Le but est de sensibiliser les paysans à produire des produits locaux que l’on pourra acheter après, pour assurer la cantine scolaire. Comme cela, ce sera du gagnant-gagnant», conclut Dôdy André R.

Arnaud R.

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