« Lélin' ny abavy ! Masosy pory ! » ou l'insulte au peuple malgache

Publié le par Alain GYRE

« Lélin' ny abavy ! Masosy pory ! » ou l'insulte au peuple malgache

Clicanoo.re

publié le 7 août 2015

« Lélin' ny abavy ! Masosy pory ! » ou l'insulte au peuple malgache

JIR

« Lélin' ny abavy ! Masosy pory ! » ou l'insulte au peuple malgache

Tout un peuple a été insulté. Le pays de nos premiers ancêtres a été gravement injurié par celui de leurs descendants. La Réunion a humilié Madagascar. Les descendants d'Anne Mousse ont renié ses parents, Jean Mousse et Marie Case. J'ai honte, p… de…, « Lélin' ny abavy !... Masosy pory !... »

Les Réunionnais sont nombrilistes. Leur poisson rouge est le meilleur du monde. Les lentilles de Cilaos sont les meilleures du monde. Les haricots de Marla sont les meilleurs du monde. Quant aux bichiques, n'en parlons même pas.

Nous avons un autre « meilleurs du monde » : les Jeux des Îles les plus nuls de toute l'histoire du sport !

La déception était visible sur le visage de Marthe Ralisinirina, victorieuse du 3000 mètres. Montée sur la 1è marche, radieuse, elle a vu une furie débouler sur elle, prête à la bouffer tout cru en cas de résistance, lui arracher des mains son drapeau national, et repartir aussi sec, la satisfaction du devoir accompli imprimée sur ses traits.

Madame Catherine Paoli, membre du Comité d'organisation, a voulu, elle-même, toute seule, personnellement, remettre de l'ordre dans ces Jeux. Scrogneugneu ! On ne va quand même pas laisser une petite Malgache d'un mètre-soixante brandir fièrement son drapeau national, non mais !

Larmes aux yeux, la jeune gagnante a vu s'en aller son agresseur au pas de course, étouffant dans ses serres un « chiffon » vert, blanc, rouge, le drapeau de Madagascar.

Marthe Ralisinirina, sache que tes larmes n'ont pas été les seules ! Et qu'on ne vienne pas me dire que cette furia Paoli était aux ordres. Pour plusieurs raisons, je réfute cet argument qui ne serait qu'un fumeux prétexte.

D'abord, parce qu'il est une noble tradition dans l'armée et l'administration françaises le droit de désobéir à un ordre manifestement injuste. La Fayette refusant « de faire fusiller la canaille »… Notre honneur national est ce refus de l'injustice.

Ensuite parce que Madame Paoli, bénévole, n'avait pas à porter une si lourde charge. Sinon, elle l'a voulu, et c'est du pareil au même.

Enfin, s'il fallait charger sabre au clair tous les contrevenants à la charte des Jeux, je mettrais en cibles premières Hollande et Valls qui ont voulu que la délégation mahoraise défilât sous drapeau français, ce qui est totalement contraire au règlement. Les athlètes mahorais, dont le plaisir était visible, ce qui se comprend, n'y sont évidemment pour rien.

Question subsidiaire : pourquoi n'avoir pas ouvert le lance-flammes paoliesque contre la foule entonnant notre Marseillaise pour saluer (ce que j'admets et approuve) la réussite de nos judokas ?

Il est certes plus facile d'agresser (car c'est une agression, une lâcheté) une petite lauréate, seule sur son podium, que Valls quand il caresse dans le sens du poil ses électeurs mahorais.

Lorsque la politique se mêle de sport, la cata est assurée. Malgré les affirmations d'un dirigeant comorien disant que « ses » athlètes ont spontanément décidé de boycotter les Jeux, il y a les affirmations contraires. On leur a imposé (car la démocratie aux Comores est une évidence mondiale) de sortir.

Voilà, j'ai dit mon indignation. Un peu violemment, je l'admets, mais je n'y changerai rien.

(P.S. : Pour les mots malgaches en exergue de ce courrier, demandez à vos amis malgaches. J'ai peut-être mal orthographié certains termes mais ce sont des insultes et je persiste et signe !)

Jules Bénard

http://www.clicanoo.re/

Publié dans Sport

Commenter cet article