Marchés ambulants: Les enfants sont les vedettes

Publié le par Alain GYRE

Marchés ambulants: Les enfants sont les vedettes

Publié le jeudi 17 septembre 2015

Marchés ambulants: Les enfants sont les vedettes

Le nombre d’ enfants travaillant dans la rue ne cesse d’augmenter.

Dès 17 heures, les coins de rue et les bords des grands bâtiments sont remplis de famille composées en majeure partie d’enfants sans domicile fixe qui passent la nuit dans le froid avec quelques vieux sacs et des bouts de tissus en guise de couverture.

En dehors de ces enfants sans domicile fixe, les rues sont actuellement parsemées d’enfants qui mendient et surtout qui font des travaux inadaptés à leurs âges.

Tafita est âgé de 11 ans, il commence son travail comme vendeur de biscuits, de friandises et de cigarettes des 5 heures du matin, mais le plus choquant, ils sont 5 enfants dans la même famille âgés entre 11 et 14 ans à le faire. « Nous vendons tous des marchandises du même fournisseur qui est également propriétaire des plateaux que nous utilisons. Chaque soir nous devons ramener plus de 5.000 ariary de bénéfice, sinon il ne nous donne rien, c’est notre accord. Parfois je n’arrive à vendre que 3000 ariary de produits et je ne mange ni durant la journée ni le soir car je doit tout donner à mon patron quand je gagne moins de 5.000 ariary » affirme Tafita. Sa grande sœur et ses 3 cousins exécutent également le même travail, ils se partagent les zones clé de la capitale pour mieux les couvrir et ainsi espérer vendre plus. Sa sœur arpente les rues de Mahamasina, ses cousins se partagent Isotry, Andravoahangy, Fasan’ny karana et Tafita couvre Analakely et Ambohijatovo.

Comme si tout cela ne suffisait pas, Tafita raconte qu’une fois il s’est déjà fait dérober tout l’argent qu’il gagnait avec le reste des marchandises par un jeune d’environ 17 ans devant le parc d’Ambohijatovo. Une autre couche de tristesse s’ajoutant à l’histoire de cet enfant victime de l’abandon de son père alors qu’il n’avait que 3 ans. D’après lui, sa mère travaille comme lavandière à Itaosy, et avant elle cassait des pierres à Ambatomaro. D’ailleurs ce fut le premier travail de Tafita avant de devenir marchand ambulant. Cet innocent enfant considère ce travail comme une promotion suite au dur travail sur les collines d’Ambatomaro.

Si notre loi interdit la vente de cigarettes aux moins de 18 ans, pourquoi des enfants de 11 ans les vendent ? Des enfants qui ne connaissent pas l’existence de ces lois et qui essayent juste de survivre. Cet exemple de vente ambulant n’est qu’une infime partie des travaux que des enfants sont obligés de faire pour manger, comme ces enfants obligés de suivre leurs parents partout dans la capitale pour ramasser quelques monnaies en chantant.

Berado

http://www.lagazette-dgi.com/

Publié dans Economie

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