Les tortues de Madagascar victimes de trafiquants

Publié le par Alain GYRE

Les tortues de Madagascar victimes de trafiquants

Par Agnès Rougier Publié le 29-09-2015

Les tortues de Madagascar victimes de trafiquants

Une tortue à soc au musée belge de Brugelette.

CC/© Hans Hillewaert

L’île de Madagascar est réputée pour sa faune endémique unique au monde et par conséquent, de nombreuses espèces sont menacées par le trafic : le 28 septembre, 771 bébés tortues ont été saisis par les douaniers malgaches à l’aéroport d’Antananarivo. Des tortues qui s’apprêtaient à partir pour la Malaisie et l’Île Maurice, probablement destinées à être mangées.

Les 771 bébés tortues qui ont été découverts cachés dans des chaussettes sont de deux espèces : la tortue étoilée de Madagascar - ou tortue rayonnée ou radiée - et la tortue à soc, qui font partie de la même famille - Testudinidae.

Ce sont toutes deux des tortues terrestres, qui peuvent atteindre 40 à 50 cm de long à l’âge adulte, une vingtaine de kilos pour les mâles et une quinzaine pour les femelles.

Elles sont classées en « danger critique d’extinction » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), et dans l’annexe I de la Convention sur le Commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites) : le commerce international en est donc interdit.

A grande tortue, petit territoire

Le nom de « tortue à soc » - Angonoka en malgache - vient de l’éperon qu’elle porte à l’avant de sa carapace plutôt sphérique, et qui ressemble à une charrue. Cette tortue habite un territoire très restreint au nord-ouest de Madagascar autour de la baie de Baly : en 2008, son aire de répartition ne couvrait plus que 18 km2 et en 2012, on en dénombrait entre 500 et 700 spécimens.

La réduction de son territoire est due en particulier feux de brousse volontaires qui visent à transformer la forêt en pâture. De surcroît, cette tortue est victime de la chasse, locale ou pour le trafic, car elle est prisée pour sa chaire mais également comme animal de compagnie.

Une tortue de compagnie

C’est entre autres raisons le succès de la tortue étoilée de Madagascar – Sokake en malgache - comme animal de compagnie, qui a signé son arrêt de disparition. On trouve des lignées de tortues de compagnie depuis des dizaines d’années sur l’île de la Réunion, et la mondialisation a accru son succès : elle possède en effet une belle carapace sombre décorée d’étoiles jaune clair.

Cette tortue herbivore peut vivre une centaine d’années et l’on trouve les spécimens sauvages au sud de l’île, dans la région de Tuléar. Comme la tortue à soc, elle est chassée pour sa viande, mais leurs œufs font aussi le régal des prédateurs, dont le plus efficace est l’Homme.

Conserver les tortues, une mission délicate

Le Parc national de la baie de Baly, dans la réserve d’Ampijoroa, créé en 1997, préserve les tortues à soc dans leur habitat naturel, un type de buisson endémique absent du reste de l’île.

Le Durrell Wildlife Conservation Trust a lancé depuis 1986 un programme de reproduction des tortues étoilées, destinées à être réintroduites dans la nature. Et le Village des Tortues, à Mangilyifati, dans le sud de Madagascar, recueille et soigne depuis 2005 les tortues saisies par les autorités, pour les soigner puis les relâcher, tout en aidant au développement économique de la région et en sensibilisant les villageois.

Mais malgré l’efficacité reconnue des efforts, les effectifs de tortues endémiques ne cessent de chuter et il y a peu de doute quant à leur disparition prochaine à l’état sauvage.

http://www.rfi.fr/

Publié dans Faune

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