Pêche illégale : Grande manifestation à Sainte-Marie hier

Publié le par Alain GYRE

Pêche illégale : Grande manifestation à Sainte-Marie hier

Rédaction Midi Madagasikara 8 janvier 2016

Pêche illégale : Grande manifestation à Sainte-Marie hier

Les habitants de Sainte-Marie ont soulevé le danger de la surpêche sauvage sur les ressources marines.

Les habitants de Sainte-Marie ont exprimé leur protestation contre la pêche illégale de concombre de mer, qui se fait autour de l’île depuis plusieurs semaines. Face à cette solidarité, les braconniers venus d’ailleurs ont finalement plié bagage. Mais l’alerte n’est pas encore levée.

Plus de 200 pêcheurs et une quarantaine de collecteurs : ce sont les grands acteurs de la pêche illégale qui s’opère à Sainte-Marie depuis plusieurs semaines. Avec un seul bateau dans une journée, les braconniers arrivent à pêcher jusqu’à 250 kg d’holothuries, plus connues par l’appellation « concombres de mer ». Et pourtant, des dizaines de bateaux, des bouteilles et matériels de plongée sont utilisés dans cette activité illégale. D’après les résultats de notre enquête sur les lieux, les autorités locales ont été contre cette pêche sauvage et illégale, depuis le départ. Des mesures ont été prises, mais en vain. « Des personnalités haut placées protègent ces braconniers qui opèrent dans l’impunité. Nous avons interpellé divers responsables, mais cela n’a rien donné. Sauf qu’après deux rencontres avec le ministre de la Pêche et des Ressources Halieutiques, ce dernier a décidé de prendre les choses en main. Le 5 janvier dernier, le Gouvernement a sorti une note interdisant la pêche, la collecte, la conservation, le commerce et le transport de concombre de mer, jusqu’à nouvel ordre. Nous remercions les autorités concernées pour cette sage décision », a déclaré Maximin Tsivoulagne, député élu à Sainte-Marie, lors de la manifestation d’hier dans la ville du Nosy Boraha.

Réseau. Aussitôt que la tenue de la manifestation fût confirmée, les commanditaires de la pêche illégale ont décidé de suspendre toute activité. Lors de notre descente sur les lieux dans la journée d’hier, les pêcheurs ont déjà plié bagage. Plus aucun individu suspect, plus aucun matériel, seulement des restes de concombres de mer oubliés et des sacs de sel, qui devaient être utilisés pour le séchage des produits de la pêche, ont été constatés sur les lieux. Cependant, cela ne signifie pas pour autant que le problème est résolu. Les bateaux de pêche attendent encore au large, prêt à revenir à tout moment. Il faut croire que les braconniers attendent que la situation se calme, avant de repartir à l’action. D’après les informations recueillies, les pêcheurs et les collecteurs sont motivés par les commandes d’un réseau chinois spécialisé dans l’exportation de ressources naturelles, notamment de produits de la mer. Il s’agit d’opérateurs exportateurs basés dans la partie nord et ouest de la Grandet-île, d’après nos sources. Les membres de ce réseau ont en effet le bras long, c’est la raison qui explique l’impunité actuelle au Nosy Boraha. Même le Maire de l’île, BeassouIsmak Ado Cropha, qui a pris sa responsabilité dans cette affaire, a reçu des menaces de ce réseau, d’après son témoignage. Bref, il s’agit aujourd’hui d’un bras de fer entre la communauté locale appuyée par les autorités locales, et les braconniers et le réseau trafiquant de ressources naturelles, protégés par leurs connaissances haut placées.

Antsa R.

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