Insécurité alimentaire – Mort inexpliquée d’enfants à Ambovombe

Publié le par Alain GYRE

Insécurité alimentaire – Mort inexpliquée d’enfants à Ambovombe

15.02.2016

Insécurité alimentaire – Mort inexpliquée d’enfants à Ambovombe

Trois enfants décèdent dans des conditions atroces dans le district d’Ambo­vombe. D’après les médecins, ce n’est pas le kere qui en est la cause.

Nuages sombres sur les enfants de la région d’Androy. Le ministère de la Population, de la protection sociale et de la promotion de la femme (MPPSPF) a envoyé un communiqué, dimanche, annonçant le décès de trois enfants dans la région de l’Androy, district d’Ambovombe-Androy. « Un cas de décès a été constaté : celui d’un enfant âgé de 13 ans dont les causes et les circonstances exactes n’ont pu être déterminées d’une manière formelle… Deux autres sont morts pour cause d’hyperthermie pour l’un, et de crise convulsive pour l’autre », rapporte ce communiqué. Cette information aurait émané du directeur régional de la Santé publique à Androy.

D’après une source sur place, ces enfants habitaient le fokontany d’Ankilirandro, commune de Tsimananada. « Le premier est un adolescent en situation de handicap, décédé il y a trois semaines. Ils étaient dix sept personnes à habiter sous un toit. Il ne pouvait pas se procurer de cactus et donc, il n’avait rien à manger, c’est ce qui a causé sa mort. Les deux autres sont des jumeaux de 2 ans et demi, habitant le même quartier et sont décédés il y a deux semaines. Ils étaient malades et le fait d’être malnutris a accéléré leur mort », affirme-t-elle, hier.

Fragilisés

Un médecin sur les lieux voulant rester anonyme contredit, toutefois, cette information. « C’est prouvé médicalement que ces jumeaux ont trouvé la mort suite à des maladies et non du kere. C’est vrai que l’insécurité alimentaire frappe notre région, mais pas au point de causer des décès », dit-il. Comme si ce dernier veut confirmer les propos de Hery Rajaonari­mampianina sur l’inexistence du Kere dans le Sud.

En effet, il y a encore des produits alimentaires sur les marchés à Ambovombe, ce qui expliquerait que le kere ne touche pas encore cette région. Mais le phénomène ne tardera pas à venir car la sécheresse pénalise l’agriculture.

Le MPPSPF a insisté, pour sa part, sur le fait que « la malnutrition est un facteur qui fragilise gravement la santé de la population, victime de la sécheresse ». En ce mois de février, quatre enfants habitant la commune de Tsima­nanada, à cinq kilomètres d’Ambovombe, atteints de malnutrition très aigüe ont été admis au centre régional de l’équipe des Médecins sans frontières qui travaille sur place. Trente sept autres enfants issus de cette même commune sont diagnostiqués atteints de malnutrition modérée.

Les enfants sont les plus vulnérables à la situation et survivent grâce à l’appui des partenaires comme le Programme alimentaire mondial, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance. Une concertation nationale pour la recherche de solutions durables aux problèmes récurrents du Sud, se tiendra dans l’Androy cette semaine. Espérons que des actions seront accomplies après cet atelier pour lutter contre l’arrivée du Kere dans cette région.

http://www.lexpressmada.com/

Publié dans Santé

Commenter cet article