La spiruline, algue miracle : pourquoi et comment l'utiliser ?

Publié le par Alain GYRE

La spiruline, algue miracle : pourquoi et comment l'utiliser ?

Publication : 25 février 2016

La spiruline, algue miracle : pourquoi et comment l'utiliser ?

Cette micro-algue, vieille de plus de 3 milliards d'années, revient depuis peu sur le devant de la scène du bien-être et de la santé. Vantée comme un véritable aliment miracle par certains médecins, naturopathes et professionnels de la beauté, qu'en est-il vraiment ? On fait le point sur ses bienfaits et son utilisation, avec l'aide de nos experts.

Longtemps réservées aux soins de thalasso en beauté et bien-être, ou aux placards d'amis un brin hippie en termes de nutrition, les algues se sont désormais fortement démocratisées. Il en est une qui revient sérieusement au goût du jour, utilisée en thalasso, en cosmétique et même par les grands chefs cuisiniers : la spiruline.

Celle que l'on trouve sous forme de spaghettis vertes ou de poudre, est une bactérie photosynthétique d'eau douce, de la famille des cyanobactéries. Si l'algue occupe les pages des magazines depuis bientôt dix ans, elle est pourtant vieille de plus de 3 milliards d'années. Elle pousse naturellement dans des lacs proches de l’équateur, en Inde, au Tchad et au Mexique. Historiquement, on retrouve deux traces de récolte de spiruline : une première dans les mémoires du conquistador Cortès, dans lesquelles il décrit comment les Aztèques en Amérique centrale l'utilisaient au quotidien, puis une seconde en Afrique. C'est en 1960 sur ce continent que les Européens repèrent pour la première fois son intérêt pour l'homme. « Ce sont des chercheurs belges, dont le botaniste Jean Léonard, qui, lors d'une mission autour du lac Tchad (Afrique centrale), ont observé que les femmes de la tribu des Kanembou, glanaient la spiruline à même le lac. Elles mettaient la masse verte à sécher sur le sable et la vendaient sur les marchés», raconte Nathalie de Poix, présidente de la Fédération des spiruliniers de France. Intrigués par cette boue verdâtre, les chercheurs l'examinent, s'aperçoivent de sa richesse nutritionnelle et la rapportent en Belgique.

Informé qu'une équipe a mis la main sur une micro-algue miraculeuse, Jean Dupire (1), médecin nutritionniste français, s'y intéresse dès 1990. À l'époque à la tête du Foyer de Charité à Bangui (Centrafrique), il effectue des recherches sur la possibilité de soigner les enfants malnutris à l'aide de traitements homéopathiques. Il met alors au point une méthode de récupération nutritionnelle associant spiruline et poisson : « C'était un facteur innovant, au lieu d'utiliser du Plumpy'Nut (un aliment à base d'arachide utilisé en cas de famine), nous donnions de la spiruline et du poisson aux enfants atteints de kwashiorkor, une malnutrition protéino-énergétique. Nous avons observé une nette amélioration », relate le Dr Dupire. Grâce notamment à sa teneur en protéines, fer et acides gras essentiels, la spiruline est une arme contre la malnutrition.

Depuis, sa culture est préconisée par l'Organisation mondiale de la santé et la Food and Agriculture Organization (FAO), pour ses propriétés nutritionnelles exceptionnelles. Et pour cause : la micro-algue regorge de vertus qu'elle doit en partie à ses minéraux. Le cuivre qui renforce le système immunitaire, le chrome qui aide à réguler le taux de sucre, le phosphore pour le cerveau, mais aussi le sodium, le zinc, le sélénium, le manganèse et le fer, particulièrement intéressant pour les femmes. Riche en acide gras insaturés, essentiels à l'organisme mais que le corps ne produit pas, en vitamines B et E et en bêta-carotène, elle permet le bon fonctionnement des neurones et renforce le système immunitaire. La micro-algue est aussi extrêmement riche en protéines, ce qui en fait l'aliment de prédilection des sportifs et des végétariens.

Dans un monde et une alimentation pollués, la spiruline s'avère également être un excellent détoxifiant. «Les résidus de pesticides et métaux lourds présents dans l'alimentation moderne sont récupérés par la spiruline et évacués dans les selles et les urines », explique le Dr Dupire. Un pouvoir couplé à ses vertus antioxydantes (grâce au pigment phycocyanine) qui empêchent le corps de «rouiller ». Riche en chlorophylle, qui assainit et vitalise l'organisme grâce à ses minéraux, la spiruline stimule l'énergie : « ce pigment a une structure proche de celle de l'hémoglobine et facilite la capacité du sang à transporter l'oxygène », indique le naturopathe Stéphane Tétart (2), spécialiste de la performance personnelle et de la fatigue chronique.

Libre à chacun ensuite de choisir son mode de consommation. La spiruline se trouve sous trois formes : en poudre, en paillettes ou en gélules et comprimés. Pour bénéficier des bienfaits, les professionnels déconseillent toutefois les gélules ou comprimés, l'algue risque d'y être transformée et mélangée à d'autres substances. Selon le naturopathe Stéphane Tétart et le médecin Jean Dupire, il n'existe à ce jour aucune contre-indication. Femmes enceintes, allaitantes ou enfants peuvent en consommer. Selon la présidente de la Fédération des spiruliniers de France, Nathalie de Poix, seuls les personnes atteintes d'hémocromatose (ayant des difficultés à assimiler le fer) doivent en limiter la consommation. Le conseil reste néanmoins discuté dans l'univers médical : « La spiruline a beau contenir du fer, dans tous les cas l'intestin n'en n'absorbe que 6 % », précise le Dr Dupire.

Ceux qui apprécient le goût pourront prendre chaque matin une cuillère à café de spiruline en poudre mélangée à un peu de miel, saupoudrer un yaourt au petit-déjeuner ou en glisser dans des salades ou sur un chèvre frais. Les autres pourront compenser le goût particulier avec celui de fruits, en glissant la micro-algue dans un jus de pomme, une compote ou un smoothie pomme-banane-spiruline.

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Publié dans Economie, Santé

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