Réserves marines d’Ambodivohibe – Un festival pour sauver les espèces

Publié le par Alain GYRE

Réserves marines d’Ambodivohibe – Un festival pour sauver les espèces

12.03.2016

Réserves marines d’Ambodivohibe – Un festival pour sauver les espèces

La zone d’Ambodivahibe accueille plus de cinq cents espèces marines pour la ponte et la reproduction.

Un festival est organisé pour sa protection.

Une grande première à Antsiranana, avec l’édition initiale du festival des réserves marines d’Ambodivahibe célébrée hier. Cette aire protégée de quarante mille hectares, aujourd’hui menacée, représente d’importants enjeux écologiques. « L’aire protégée marine d’Ambodivahibe déferle sur près de 40 000 hectares. Sanctuaire d’une faune et d’une flore très riches, ses coraux abritent à eux seuls près de deux cent soixante-dix espèces d’animaux des récifs, hormis les près de deux cent soixante au­tres espèces animales, répertoriées dans la baie et ses dédales de mangroves », indique Yacinthe Razafimandimby, coordinateur régional de l’Organisation Non Gouver­nementale (ONG) Conser­vation International (CI).

Une partie du courant de l’ouest de l’océan Indien s’engouffre dans les réserves marines d’Ambodivahibe, faisant du site une zone de refuge, de reproduction et de développement des nombreuses espèces qui y vivent. « Une menace avérée plane néanmoins, sur l’aire protégée d’Ambodivahibe. Afin de protéger son fragile écosystème, Conservation International a initié depuis 2010 un dispositif, visant à fermer la pêche pendant la saison de ponte. L’action est confortée depuis 2014 par un décret de protection définitive. Une ardue campagne de sensibilisation a été menée. Quelque peu réticentes auparavant, les communautés

locales qui trouvent leur gagne-pain dans l’exploitation des ressources de l’aire protégée, ont aujourd’hui trouvé l’intérêt dans la préservation de toutes ces richesses naturelles, en donnant aux espèces autochtones le temps de se régénérer et se reproduire. Ce festival a été organisé pour la promotion du site, d’abord pour faire connaître ses richesses, mais aussi pour la création d’activités génératrices de revenus au bénéfice de la population locale. En l’occurrence, l’écotourisme s’inscrit dans la stratégie de protec­tion de ces réserves marines », expose Luciano Andriamaro, superviseur des réserves marines d’Am­bodivahibe, auprès de Conservation International.

L’aire protégée comprend, entre autres, deux importants sites, dont la baie d’Ampondrahazo, colonisée par les mangroves, tanière de crocodiles marins, de lémuriens, des gros crabes et de chauves-souris. Constituant de véritables îles de végétation marine, ces lieux sont, de surcroît, une nurserie où les crevettes, qui font la fierté des habitants de la baie, lâchent leurs œufs.

Intérêts multiples

Habitat naturel des poulpes par ses coraux millénaires, où des multitudes de petites grottes ont été creusées au fil du temps par les vagues, le courant et les marais, le littoral d’Ambavarano est un sanctuaire où ces animaux trouvent les lieux de croissance et de reproduction idéaux. « Nous sommes parmi les villages engagés à la protection de cette aire protégée. Après trois mois de fermeture, nous avons pu remonter des eaux du récif près de deux tonnes et demi de poulpes, et cela en une journée, ouverture officielle de la pêche aux poulpes pour la saison 2016 », confie Pierre Njara, pêcheur du village d’Ambavarano.

En saisissant la balle au bond, il fait remarquer qu’un de ses collègues a même réussi à pêcher, à lui seul, jusqu’à soixante-dix kilos de poulpes en deux heures. Il confie, dans la foulée, qu’avant l’application de la fermeture saisonnière, même le meilleur pêcheur ne pouvait en tirer au mieux que cinq kilos, à la même période.

Seth Andriamarohasina

http://www.lexpressmada.com/

Publié dans Environnement

Commenter cet article