Bruay-La Buissière : une voiture tout chemin née de la solidarité d’ici et d’ailleurs

Publié le par Alain GYRE

Bruay-La Buissière : une voiture tout chemin née de la solidarité d’ici et d’ailleurs

PUBLIÉ LE 19/04/2016

AGNÈS MERCIER

Bruay-La Buissière : une voiture tout chemin née de la solidarité d’ici et d’ailleurs

En rachetant à Madagascar un bâtiment pour accueillir une friperie, le Relais a fait d’une pierre deux coups puisque le local abritait aussi une ancienne usine de voitures. Une équipe a relancé la production, la solidarité a joué à plein... aujourd’hui, une nouvelle voiture est née.

Un tissu typique sur l’épaule, Clément Warnier est fier de présenter ce véhicule produit à Madagascar par une équipe du Relais.

Ne cherchez pas la Mazana Karenji chez votre concessionnaire, vous ne la trouverez pas. Mais peut-être aurez-vous l’occasion de croiser son étrange silhouette sur les routes de France cette année. Un prototype est en circulation. À son volant, cette semaine, Clément Warnier, ingénieur qui a participé à sa fabrication. « Je joue les chauffeurs pour aller montrer dans les différents Relais qu’envoyer des vêtements à Madagascar, ça peut aboutir à ça. » Le jeune homme, originaire de la Marne, a été recruté pour relancer l’usine de voitures que le Relais a racheté sur l’île malgache en 2009. « Au début, ça devait être une mission de deux ans, j’y suis resté sept ans. » Une partie de l’usine a accueilli l’activité friperie. Le reste a été remis en marche pour fabriquer des voitures. « Il y avait une centaine de voitures en stock. Pour une dizaine, il ne manquait plus grand-chose pour qu’elle soit vendable. Sur les autres, il y avait un peu plus de travail. Au fil du temps, on a ainsi découvert comment elles avaient été conçues. Et bien sûr, on a formé des gens sur place pour le faire, car la philospohie du Relais c’est aussi ça. »

L’équipe de dix personnes s’est étoffée. Aujourd’hui, ils sont soixante-dix à occuper des postes de techniciens, d’opérateurs, d’ingénieurs ou encore de commerciaux. « Et on a vendu les 100 voitures, ce qui nous a permis en parallèle d’imaginer un nouveau modèle. » Dès 2011, les premières esquisses sont sorties. L’esprit ? Une sorte de véhicule tout chemin, dont la vocation est de rouler à 80 % sur des grands axes et à 20 % sur de la piste. « Il est parfaitement adapté à l’usage qu’on a de la voiture à Madagascar. On va commencer à le vendre là-bas, puis dans le reste de l’Afrique. »

Car, comme le rappelle l’ingénieur, si le but de ce projet était de former des gens, il faut aussi que l’entreprise soit rentable. « C’est important de montrer aux habitants que cette usine est viable sans aucune subvention, qu’il y a un avenir là-bas car beaucoup de jeunes n’y croient plus et ne rêvent que d’ailleurs. » Tout comme il était important de montrer aux équipes françaises, la voiture en vrai, « ça motive ».

En 2016, une vingtaine de voitures devraient être produites. Elles ont déjà trouvé preneurs. « Les faire circuler sera notre meilleure publicité. »

La marque au zébu

Qualifiée de la marque au zébu, Karenjy (prononcez : Karenz) signifie vadrouilleuse. Quant au modèle Mazana, cela veut dire robuste. Aux regards de ses formes carrées, on l’appelle aussi le hummer malgache. Il faut dire que, si ce n’est le châssis, ce véhicule est fabriqué à partir de plastique teinté dans la masse, moins facile à rayer. L’habitacle est aussi en fibre de verre donc pas trop salissant. Selon le même principe, la sellerie est en simili cuir. Robuste, sans trop d’électronique, le moteur, développé par Peugeot, peut se réparer facilement même au milieu de la brousse.

http://www.lavoixdunord.fr/

Publié dans Economie, Automobile

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