Contre l’esclavage des enfants: Un combat citoyen

Publié le par Alain GYRE

Contre l’esclavage des enfants: Un combat citoyen

Publication : 18 avril 2016

Contre l’esclavage des enfants: Un combat citoyen

Chaque 16 avril, la lutte contre l’esclavage des enfants est célébrée. Les enfants constituent 10% de la main d’œuvre mondiale. Pour ce qui est du cas de Madagascar, 5è pays au plus petit PIB (Produit Intérieur Brut) par habitant en 2015, malgré l’intégration de cette lutte dans les OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement), aucun progrès n’a jusqu’à présent été visible à Madagascar. La lutte contre l’esclavage des enfants y reste théorique.

Le travail prend une forme d’esclavage dès lors que l’enfant se trouve forcé de le faire. Presque 99% du travail des enfants à Madagascar peut être qualifié d’esclavage. L’aide apportée aux parents (tant en force de travail que financière), le décès de l’un ou des deux parents, autant de causes peuvent être énumérées mais avec comme origine commune encore et toujours la pauvreté.

Du travail domestique à l’exploitation sexuelle, en passant par les travaux d’agriculture et de mines qui sont les plus prééminents à Madagascar ; les pires formes du travail ainsi que les pires conditions de travail sont souvent celle vécues par les enfants travailleurs. Les normes sanitaires n’admettant pas un port de poids de plus de 20% du poids de l’enfant (Bulletin Officiel n°3 du 17 janvier 2008), certains enfants travailleurs portent des poids allant jusqu’à 50 kg.

La plupart de ces enfants ne savent même pas le prix du travail qu’ils fournissent. En effet, nombre de ces enfants ne reçoivent pas un franc car tout le salaire est versé directement aux parents ou aux membres de la famille qui les ont envoyé travailler. Pour ce qui est des maltraitances physiques dont ils se plaignent, n’en parlons plus.

Bien qu’auparavant, une loi prohibait l’emploi d’enfant de moins de 18 ans, aujourd’hui, elle ne semble plus en vigueur. En effet, dans les rues, les restaurants mais surtout les bars, les carrières, etc., partout, on emploie les enfants sans plus rien craindre.

Néanmoins, il est compréhensible que les enfants s’adonnent au travail rémunérant. D’ailleurs, il est préférable qu’ils travaillent au lieu de passer leur temps à demander l’aumône ou à voler.

Face à tout cela, il nous revient à nous, simples citoyens et employeurs mais également dirigeants de créer une atmosphère favorable à ces enfants. Ils ont besoin de savoir qu’ils ont de la valeur et qu’ils comptent. Pas seulement dans le travail, mais également dans la vie communautaire. Les traiter comme nos égaux (et d’ailleurs c’est ce qu’ils sont) est la solution pour qu’ils prennent goût à la vie et s’épanouissent comme tous les enfants. Cela permet de bannir l’esclavage (notamment toutes formes d’exploitation) tout en leur offrant un travail (payant) sain et non aliénant en leur accordant leurs droits primordiaux tels que jouer ou étudier. Il suffit, pour ce faire, de leur témoigner de l’affection et de balancer leur emploi du temps.

Aina A.

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