Des assassinats politiques pour avoir un pouvoir stable

Publié le par Alain GYRE

Des assassinats politiques pour avoir un pouvoir stable

02.04.2016 Notes du passé

Des assassinats politiques pour avoir un pouvoir stable

À chaque avènement d’un souverain, l’élimination des rivaux, déclarés ou potentiels, est d’usage. D’après G. Lejamble (Extrait dans le Bulletin de Madagascar d’avril 1972 de son étude sur les Fondements du pouvoir royal en Imerina ), le cas le plus ancien d’élimination rapporté par la tradition est celle d’Andriamananitany, frère et successeur désigné d’Andriamanelo.

Et encore, le meurtre n’est-il pas attribué à ce dernier, mais à un certain Trimoanala, bien que l’on ne puisse écarter l’idée que ce dernier soit inspiré par la jalousie d’Andriamanelo.

Selon le « Firaketana » à l’article Andriamananitany, le frère cadet d’Andriamanelo creuse le fossé de fortification de son bourg en quinze jours, alors qu’il faut un mois à l’ainé pour réaliser le sien. En outre, ses plantations réussissent mieux que celle de son frère ainé. Ces indications de

l’ Histoire des rois laissent supposer une rivalité sourde entre eux.

Le cas d’Andrianjafy, oncle d’Andrianampoinimerina, tué sur son ordre- mais il semble que les chefs des Tsimiamboholahy d’Ilafy lui aient désobéi- est un peu particulier, d’après

G. Lejamble. Il ne s’agit pas d’une succession régulière puisque les mêmes chefs, en appuyant ceux des Tsimahafotsy d’Ambohimanga, l’ont déjà détrôné.

Andrianampoinimerina a soin de supprimer de son vivant les rivaux de son successeur désigné, Laidama. Il s’agit de Rabodolahy et de Ramavolahy.

Le premier qui est à la fois le cousin issu de germain du grand souverain et le fils adoptif de sa première (ou principale) femme, essaie d’assassiner Laidama, après être écarté de la succession à la suite d’une défaite militaire. Le second est fils d’Andrianam­poinimerina et de l’une de ses épouses secondaires. Il tente de renverser son père après avoir aussi voulu tuer son jeune demi-frère.

Un troisième rival, Ralainanahary, « fils ou neveu utérin d’Andrianampoinimerina » ou encore frère de Rabodolahy, est mis à mort sur l’ordre de Radama pendant le deuil de son père.

L’avènement de Ranavalona Ire est marqué par une série d’assassinats aux mêmes fins. Parmi les victimes, il y a Rakotobe, neveu utérin de Radama, et plusieurs autres parents du défunt roi. Seul le prince Ramanetaka, un de ses cousins et gouverneur de Mahajanga, peut s’échapper à temps en s’exilant aux Comores.

Les avènements qui suivent, ne voient plus d’assassinats politiques, mais des déportations. Ainsi, Ramboasalama est mis en résidence surveillée sur ses terres d’Ambohimirimo, tandis que d’autres conjurés sont expédiés en divers endroits. La reine a promis à son neveu de faire de lui son héritier avant la naissance de son fils Rakoto, devenu Radama II.

À partir de Rasoherina, les rivalités à l’égard du Premier ministre Rainilaiarivony apparaissent. C’est qu’entretemps, le pouvoir réel passe de la famille royale à celle des Andafiavaratra, descendants d’Andriantsilavo. « Avec Radama II s’était éteinte la monarchie traditionnelle et sans partage. »

C’est autour de ce souverain sans partage que se concentre le système magico-religieux. « Il n’est pas difficile de sous-distinguer dans cet univers les objets et les êtres revêtus de la sacralité royale des cérémonies au cours desquelles leur vertu sacrée est invoquée ou renforcée. »

Comme toutes les familles merina, la famille royale a ses propres ancêtres qu’elle honore et invoque, ainsi que le site de leurs tombeaux. De même que certains groupes, elle possède des idoles. « Ce sont là, ancêtres et idoles, les deux principaux objets du culte royal. » Il ne faut cependant pas occulter d’autres objets attachés au pouvoir comme le parasol rouge, cette couleur étant déjà associée aux chefs Vazimba.

Les ancêtres de rois et de reines constituent un élément capital de l’équilibre politique de l’Imerina. Les idoles royales, faites de racines, ont une existence liée aux « ranakandriana », génies et divinités secondaires.

Enfin, il y a les cérémonies fondamentales dans la vie des anciens Merina, la circoncision et le Fandroana où le souverain apparait comme le grand prêtre.

Pela Ravalitera

http://www.lexpressmada.com/

Publié dans Histoire, Notes du passé

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article