Notes du passé: Des exploitations aurifères aux résultats mitigés

Publié le par Alain GYRE

Des exploitations aurifères aux résultats mitigés

21.05.2016 Notes du passé

Notes du passé: Des exploitations aurifères aux résultats mitigés

L’exploitation de l’or est sous la royauté, interdite à Madagascar. Les premiers codes malgaches, celui des 101 articles (1868) et des 305 articles (1881) de la reine Ranavalona II punissent de vingt ans de fers tous ceux qui se livrent à l’extraction de l’or.

Selon Grandidier, la première découverte authentique de l’or se serait faite en 1845, par Jean Laborde, au cours de grandes chasses royales dans le Manerinerina, mais Ranavalona Ire ordonne qu’elle soit tenue secrète. Ce n’est qu’en 1883 que Ranavalona III autorise les premières exploitations gouvernementales. La première concession est attribuée à Suberbie en 1886, dans la région de Maevatanàna, à Suberbieville.

À partir de 1883, les exploitations gouvernementales utilisent la corvée (fanompoana), obligatoire pour tous, à l’exception des nobles. Plusieurs milliers d’hommes sont ainsi utilisés. Le premier kilo d’or est fourni par l’Ampasiry. Au début de 1884, Ambositra produit 5kg. L’année suivante, on note 75kg pour la région de Maevatanàna.

En 1888, Rigaud exploite pour le compte du gouvernement toute une série de chantiers au sud d’Antananarivo, dans la zone d’Ihara­nandriana, Behenjy, Ambatolampy, les riches alluvions de Sarobaratra, Sahabe, Hatsara, Andraikiba, Vohitrakanga, Androka. La même année, Savaron commence l’exploitation de Betaimby sur l’Ikopa (12kg en trente quatre jours) puis en 1889, il organise les exploitations du sud de l’Imerina et du nord du Betsileo. « Sa résidence est à Ialatsara, la belle forêt. Il travaille à Andranofito et reconnait le filon de Soavinarivo » (Henri Besairie, Gites minéraux de Madagascar).

En 1891, des concessions sont accordées à Talbot dans le secteur d’Ankavandra, à Rigaud dans le Vakinankaratra, puis en 1893, à Harrisson Smith dans l’Antsihanaka, et enfin en 1894, au colonel Shervington au sud d’Arivonimamo. « Il semble que, de 1890 à 1895, la production annuelle n’ait pas dépassé 200kg. »

Selon Besairie, dans les années 60, « Madagascar ne peut envisager de se classer parmi les pays où la production aurifère est susceptible de jouer un rôle économique notable. Sans doute, son socle précambrien possède-t-il de multiples veines de quartz aurifère, mais elles sont toutes de faible importance. » Il cite aussi, parmi les formations plus récentes, les gisements de l’Andavakoera qui sont très importants avec la production de 6 814kg, entre 1907 et 1918, et « dont la minéralisation concentrée dans la zone superficielle, est aujourd’hui épuisée ».

La production totale de l’ile est de 51 tonnes de 1897 à 1959, poursuit Besairie. C’est de 1904 à 1915 que la production est la plus forte avec plus de deux tonnes annuelles. L’apport de l’Andavakoera se manifeste surtout de 1907 à 1910, où la production dépasse trois tonnes avec un maximum de 3 697kg en 1909.

Selon Besairie, des causes multiples sont responsables de cette diminution, dont les principales sont la désaffection de la main-d’œuvre au profit de travaux plus rentables (industrie du graphite, cultures de café), la diminution des teneurs sur des gisements très écrémés, et enfin la baisse des cours. Mis à part l’Andavakoera « dont la production fut de courte durée », la région la plus riche est celle de Mananjary où les plantations de café s’établissent sur les alluvions aurifères. Viennent ensuite les régions de Maevatanàna et de Toamasina avec un déclin plus rapide pour cette dernière. La région d’Ambositra arrive en quatrième position avec, comme Toamasina, une baisse rapide à partir de 1917. « Aucune exploitation industrielle ne fut jamais réalisée. »

La question des ressources en or étant fréquemment soulevée, Besairie en donne un exposé précis. « Tous les gites indiqués sont depuis longtemps abandonnés et malgré des recherches longtemps poursuivies, aucune exploitation n’a pu survivre. » Des essais de caractère industriel sont aussi tentés à plusieurs reprises, sur la Tsiribihina, sur le Mananjary et l’Ikopa… « Échec complet. Seule l’usine de l’Andavakoera avec cinq batteries de cinq pilons et tables d’amalgamation a fonctionné valablement durant quelques années, mais le prix des traçages dépassait la valeur de la production. »

Pela Ravalitera

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Publié dans Histoire, Notes du passé

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