Notes du passé: Madagascar à travers des rétrospectives historiques

Publié le par Alain GYRE

Madagascar à travers des rétrospectives historiques

30.05.2016 Notes du passé

Notes du passé: Madagascar à travers des rétrospectives historiques

L’Afrique Équatoriale a sa belle tribu de femmes-graveurs en Suzanne Truitard, Simone Ohm et Germaine Bernard. Selon un chroniqueur d’art, en 1931 (lire précédente Note), Madagascar de son côté, vient de former son École du burin avec le fougueux Liotard (« Études de la côte betsimisaraka »), Robert Saldio qui sait « aérer avec harmonie » de belles planches de lagunes et de cases ajourées, Urbain Faurec « prompt à traduire avec douceur et érudition la primitivité et le romantisme des architectures hova dans les bocages épineux ».

D’après le chroniqueur d’art, il appartiendra à la Société des auteurs coloniaux d’intéresser la bibliographie parisienne à cette « très sympathique floraison » d’illustrations locales. Il fait également part de son désir de voir des miniaturistes françaises fixer la « joaillerie » des rizières, des étoffes, des parures, des physionomies.

« L’art de la miniature, beaucoup trop délaissé, est un de ceux qu’il faudrait le plus répandre dans les colonies car il y a peu d’enseignements aussi précieux pour les indigènes peu enclins à concentrer leurs dons et à parfaire l’image avec l’intensité de l’émailleur. » En effet, les Hova qui, jadis, peignent sur rabanes, savent « damasser les couleurs avec un suave mosaïquage » de tons opposés.

L’Exposition de Madagascar, bien que limitée par l’espace, tient à procéder à quelques rétrospectives historiques de choix. La présence d’Ivan Manhès à Paris permet de lui confier une vitrine vouée à Jean Laborde. Ce dernier, selon le chroniqueur d’art, est le héros-type du Français qui conquiert tout un pays par son génie d’artisanat.

Le chroniqueur précise que Marius et Ary Leblond dévoilent avec grande richesse de détails, tout une « Vie de Laborde », dans la Revue des Deux Mondes en 1907. On en trouve la plus grande partie dans le tome consacré à Madagascar en l’Histoire générale des Colonies de Gabriel Hanetaux et Alfred Matineau. Les deux auteurs se proposent de la compléter et d’en faire un livre illustré.

Alfred Grandidier est aussi, affirme le chroniqueur d’art, une très grande figure, aussi bien par la valeur scientifique de sa monumentale Encyclopédie que par la qualité de l’attraction qu’il éprouve pour la Grande ile, à travers d’épuisantes épreuves de ses voyages, par le romantisme encore trop peu connu et apprécié de sa vie. « La poésie, l’application et la constance doivent servir d’exemples à tous ces jeunes savants et écrivains qui gaspillent si capricieusement leur ferveur à les disperser dans les terres déjà rebattues par le tourisme. »

Son fils Guillaume, archiviste autant que naturaliste lui même, éminent secrétaire général de la Société de géographie, présente d’importants manuscrits, autographes, des lettres que lui écrit Gallieni, de vieilles cartes, de fréquents souvenirs de la Cour merina, les aquarelles originales de la faune malgache destinée à illustrer la zoologie de Madagascar.

De Flacourt à Le Myre de Vilers, les principales figures des chefs français brillent à l’Exposition de Madagascar, dans une brève commémoration. Et ce, à travers une rétrospective de Charles Renel qui attache toute sa carrière et son talent d’écrivain à Madagascar où, à une certaine époque, il est directeur de l’enseignement.

« C’est une destinée, aussi bien significative et à quoi le recul des ans apportera de plus en plus de relief, que celle de cet agrégé des Lettres qui abandonne les succès mondains de la hiérarchie universitaire dans la ‘République des Professeurs’ pour venir à Madagascar se mettre à l’école des superstitions et du folklore.»

Poursuivant ses louanges, le chroniqueur d’art précise que Charles Renel est, dans une large mesure, « l’apôtre rousseauiste d’une poétique décivilisation » qui, pourtant, ne le détourne pas d’érudites études à quoi on doit autant de traités savants que de romans d’une fantaisie inspirée.

Aidée par le sculpteur Berberis, son épouse « qui veille avec art sur sa mémoire », dispose ses manuscrits, les éditions de luxe, ses carnets de route qui révèlent un dessinateur très habile, son médaillon et toute une iconographie.

Pela Ravalitera

http://www.lexpressmada.com/

Publié dans Histoire, Notes du passé

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