Exclusion scolaire: Les élèves défavorisés : des éternelles victimes

Publié le par Alain GYRE

Exclusion scolaire: Les élèves défavorisés : des éternelles victimes

Publication : 16 juin 2016

Exclusion scolaire: Les élèves défavorisés : des éternelles victimes

A 92% de la population de Madagascar, leur principale préoccupation, de la lever au coucher du soleil, reste de trouver de quoi faire bouillir la marmite et un toit décent pour se reposer. Mais la majorité d’entre elle échoue à cet exercice dure de la vie, et ne réussit à trouver qu’une modique somme d’au plus, 1$ par jour, les obligeant donc, à ne prioriser, coûte que coûte, vaille que vaille, que les besoins fondamentaux (manger, boire et se vêtir), au prix de l’éducation de leurs enfants.

Les dirigeants qui se sont succédé à la tête du pays, depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, prétendaient tous avoir mis en priorité l’éducation « pour tous » ; toujours est-il que les faits contredisent les discours de nos élus. Ces derniers temps, le taux de scolarisation au niveau primaire ne cesse de dégringoler. De 2006 à 2012 par exemple, l’INSTAT avait enregistré une baisse spectaculaire d’environ 30%. Certains observateurs, sous prétexte que l’effectif avancé par cette institution se base uniquement sur une approximation, à défaut de recensement général, pensent que cela allait jusqu’à hauteur de 50%.

Consciente de cette situation à la fois inquiétante et étrange, surtout pour un pays pourtant riche en ressources humaines et naturelles comme Madagascar, l’Association « Aina vao », à la manière « père Pedro », a fondé, depuis 2002, une école humanitaire, sis à Avaratr’Ankatso, destinée à aider les parents défavorisés à scolariser leurs enfants. En réponse à nos questions, le Directeur de cet établissement, Ramaroson Herinjatovo Rivoniaina, apporte plus d’éclaircissements en avançant que leur principale action consiste à alléger ou supprimer, le cas échéant, les frais scolaires et à distribuer des kits scolaires. A la base d’une enquête effectuée en étroite collaboration avec la présidence du Fokontany, poursuit-il, cette décision dépend, d’une part de la catégorie socioprofessionnelle des parents de nos élèves et d’autre part, de leur situation familiale. Pour les enfants orphelins, de père et de mère, ainsi que ceux dont les parents n’ont pas une activité génératrice de revenu ponctuel et stable, comme le cas des lavandières, des transporteurs des briques, sables, etc., leur scolarisation est gratuite. Mais en tout cas, explique-t-il toujours, si le droit annuel est à seulement 10.000 MGA, l’écolage varie de 1000 à 5000 MGA.

Cependant, nous avons remarqué que le taux de décrochage scolaire dans cette institution reste considérable. A la rentrée, l’effectif total des élèves était à 370. Actuellement, à l’approche de la fin d’année scolaire, on ne compte que 330 écoliers. Malgré donc les efforts consacrés par les responsables de cet établissement à alléger les frais de scolarité, cela reste insuffisant. La raison : durant notre passage, vers 13 heures, avant la rentrée d’école de l’après-midi, presque la moitié des élèves que nous avons interrogés affirmaient ne pas avoir déjeuné. Il ne serait donc pas surprenant de voir une hausse graduelle du nombre de ceux qui préfèrent abandonner l’école…et travailler précocement, au péril de leur enfance. « Ventre affamé n’a point d’oreilles »…

Rivo Raphaël Chreçant

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