«Je dénonce l’existence d’une mafia dans la filière vanille»

Publié le par Alain GYRE

«Je dénonce l’existence d’une mafia dans la filière vanille»

«Je dénonce l’existence d’une mafia dans la filière vanille»

A raison de plus de 200 euros le kilo de vanille de Madagascar transformée, les enjeux financiers et économiques sont colossaux.

© RIJASOLO / AFP

Par RFI Publié le 26-06-2016

A Madagascar, la récolte de la vanille bat son plein. Pour protéger la filière, la campagne de ramassage est depuis quelques années très réglementée par le ministère du Commerce. Mais ce n’est pas suffisant pour éviter le juteux trafic de l'épice, comme le dénonce un opérateur de la vanille.

Il a accepté de témoigner, mais a souhaité rester anonyme. Trop risqué, selon lui, de parler ouvertement des mauvaises pratiques en vigueur au sein de la filière vanille à Madagascar.

En ces jours de lancements officiels de récolte, ce commerçant de vanille est amer. D'après lui, entre 80 % et 90 % des gousses ont été récoltés avant date, en toute illégalité. « On est confronté à une baisse de la production parce qu’une fois arrivé à date, il n’y a presque plus rien à récolter. La semaine dernière, on comptait avoir une tonne de vanille verte ; on a récolté une centaine de kilos », se désole-t-il.

Récolte avant date, vols dans les plantations, non-respect des durées d'affinage des gousses, tout ça pour un seul et même but : brasser plus d'argent. Et à raison de plus de 200 euros le kilo de vanille transformée, les enjeux financiers et économiques sont colossaux. « Moi, je dénonce aujourd’hui l’existence d’une mafia dans la filière vanille à Madagascar. Les personnes qui sont censées protéger cette filière ainsi que nos intérêts sont les premières à commettre des infractions, affirme le commerçant. On fonce dans le mur. »

Lui voit la disparition de la filière vanille à Madagascar. D'autres craignent surtout la perte du statut de premier producteur mondial. Pour Rivo Rakotovao, le ministre de l'Agriculture, « l'Etat doit désormais cesser son discours policé et sévir contre ceux qui enfreignent les lois et mettent en danger la filière en blanchissant leur argent dans le commerce de la vanille ». Bref, c'est tout l'état d'esprit de la filière qu'il faut changer.

http://www.rfi.fr/

Publié dans Economie, Vanille

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article