Notes du passé: Flores du Sud et de l’Ouest unies dans une région complexe

Publié le par Alain GYRE

Flores du Sud et de l’Ouest unies dans une région complexe

08.06.2016 Notes du passé

Notes du passé: Flores du Sud et de l’Ouest unies dans une région complexe

Les Notes poursuivent le bref aperçu des forêts malgaches dans les années 30. Après celles de l’Est, de l’Extrême-Sud et du Sud-ouest, elles remontent sur les régions occidentales, en passant par la forêt-galerie de type humide qui borde les fleuves et grandes rivières plus ou moins saisonniers des plateaux bara.

« L’ombre qu‘on y trouve est propice pour quiconque circule dans la contrée, aussi bien en automobile qu’en filanzane et elle est largement prodiguée par les Kily » (« La Revue de Madagascar », janvier 1935). Ces tamariniers ont une abondante et épaisse « toison ». Mais il y a aussi les Rotra aux pieds baignant dans ces cours d’eau souvent ensablés.

Des botanistes relatent le voyage qu’ils font dans cette région, en juillet 1936. Plus précisément sur la table calcaire entre l’Onilahy et le Fiherenana avant d’atteindre Toliara. « On croirait parcourir les plateaux de l’Est de la France à la fin de l’automne : routes grises et poudreuses, boqueteaux propres et claire-plantés, aux troncs lisses et blanchâtres et au feuillage défunt qui tapisse le sol, ciel d’azur si lumineux mais si pâle, rappellent les randonnées en Lorraine ou en Franche-Comté. » Seuls les baobabs géants, Adansonia, à partir d’Ejeda, les réveillent de cette illusion.

D’après les voyageurs, c’est une région très complexe où la flore du Sud et celle de l’Ouest se chevauchent sur une vaste superficie, avec d’énormes coupures. Le commun des mortels refuse à appeler celles-ci forêts et en profite « pour en détruire les vestiges qui sont en réalité autant de savanes ». L’Adansonia ne règne que lorsque les derniers troncs épineux disparaissent. Vers l’intérieur des terres, une mince bande de la véritable forêt de l’Ouest s’étire.

Ce qui frappe le plus dans l’Ouest, entre Toliara et Mahajanga, surtout entre les anciennes provinces d’Ankazoabo, Morondava, Maintirano, Mahajanga et Soalala, c’est de voir des arbres sans feuilles sous un climat tropical et un soleil brûlant. « À vrai dire, la période de dénudation de ces arbres est de courte durée et souvent inégale, ce qui permet de trouver un peu d’ombre parmi ces peuplements. »

Plus on se dirige vers le Nord, en particulier entre Kandreho et Analalava, plus le feuillage persiste jusqu’à devenir constant, comme dans la région d’Antsiranana. De la forêt à feuilles caduques, on passe insensiblement à la forêt de l’Est toujours verte.

En général, quand on évoque la forêt malgache, on ne songe qu’aux hautes futaies du versant oriental, soit que l’on ignore les peuplements occidentaux, soit que l’on ignore leur importance et leur valeur. C’est pourquoi la très grosse majorité des exploitants forestiers est installée en bordure de l’océan Indien. De même, le commerce du bois se fait principalement par Antsiranana, Antalaha, Maroantsetra, Toamasina et Manakara, en raison de l’extrême richesse des forêts de ces régions.

Mais les ports du canal de Mozambique sont le siège d’un trafic important de bois divers, originaires des massifs voisins, exploités plus ou moins régulièrement par un certain nombre de concessionnaires.

C’est sur la côte Ouest que l’on rencontre des mangroves car il en existe plusieurs. Chacune des espèces de palétuviers est bien localisée, en peuplement pur (90 à 95%) ou en mélange avec un nombre très réduit d’autres espèces, trois au maximum. On distingue, du point de vue économique et de leur utilisation, les palétuviers à écorces tannifères et ceux à écorces non tannifères. Les premiers peuvent servir à la fourniture du bois destiné à la construction et au chauffage ainsi qu’à la production du tannin, les seconds ne donnent que du bois de chauffage et de charpente.

Parmi les espèces tannifères se trouvent le Honkolahy aux racines adventives nombreuses, qui vit en peuplement pur dans la partie moyenne des boues salées, et le Tsitolona que l’on voit mélangé avec le premier dans une petite proportion (5 à 6%) par suite d’exploitations antérieures abusives.

D’autres espèces sont assez riches en matières tannantes, comme le Honkovavy, « espèce éloignée de la première, malgré la synonymie des noms ». Il a des peuplements purs aux nodosités qui affleurent au-dessus des terrains sableux inondés.

Parmi ces espèces non tannifères, on peut citer l’Afiafy aux racines pneumatophores, et le Farafata dont les racines beaucoup plus hautes, hérissent littéralement le sol.

Texte : Pela Ravalitera – Photo : Archives personnelles

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Publié dans Histoire, Notes du passé, Flore

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