Notes du passé: Foloalindahy – Foloalindahy, un nom donné par Ranavalona Ire

Publié le par Alain GYRE

Foloalindahy – Foloalindahy, un nom donné par Ranavalona Ire

20.06.2016 Notes du passé

Notes du passé: Foloalindahy – Foloalindahy, un nom donné par Ranavalona Ire

Succédant à son époux, Radama Ier, Ranavalona Ire apporte peu de changements à l’organisation des « miaramila » (qui ont des besoins communs) établie par le roi défunt (lire précédente Note). En fait, elle ne fait que changer leur nom et les appelle « Foloalindahy » (les cent milliers d’hommes). Cette dénomination est toujours portée par l’Armée actuelle.

De même, sous son fils, Radama II, une seule réforme est constatée. Il met entre les mains d’une seule personnalité, le pouvoir de Premier ministre et le commandement en chef de l’Armée qui, auparavant, sont deux pouvoirs séparés. Jusqu’à la fin du gouvernement hova, trois Premiers ministres doivent jouir de ce privilège. Il s’agit de Rainivoninahitriniony, fils de Rainiharo, de son frère cadet Rainilaiarivony, et de Ratsimbazafy sous le protectorat.

Poursuivant l’historique de l’Armée, l’académicien Régis Rajemisa-Raolison (« Dictionnaire géographique et historique de Madagascar ») écrit qu’en revanche, avec Rasoherina, on remarque d’assez notables modifications dans le statut des « miaramila ». Elle les répartit d’abord en trois corps.

Les « Ankotralahy », constitués de la majorité des soldats, vont à la guerre et servent de troupes d’occupation et de colonisation. Durant les cérémonies officielles et autres grands évènements, ils portent un veston rouge et un pantalon blanc. C’est ce qui a donné naissance à cette phrase devenue proverbe : « Salasala toa ankotralahy : arahabain-tsy andriana ; tsy arabaina, avela miakanjo jaky. » Traduction : qui rend perplexe comme un « ankotralahy » : on le salue, ce n’est pas un noble ; on ne le salue pas, il se vêt pourtant de pourpre.

Viennent ensuite les « Dimanjatolahy », les cinq cents hommes, mais en réalité, ils sont mille cinq cents. Ce sont, en quelque sorte, les forces de l’ordre. Ils sont pris parmi les « Ankotralahy » et assurent l’ordre et la sécurité dans les villes. Ils gardent aussi les prisonniers de guerre.

Le troisième corps est celui des « Maranitra » et des « Tsaingoka ». Durant les cérémonies officielles ou lors des sorties royales, ils servent de gardes et d’escorte au cortège de la reine.

Rasoherina fixe, par ailleurs, la durée du service militaire qui, jusque là, n’est pas définie. Une fois âgés, les soldats retournent à l’état civil (borizano vétérants). Elle continue aussi à faire instruire les soldats. Un Anglais, Lorett, en est chargé.

Sous Ranavalona II, cette instruction est encore plus poussée. Lorett est remplacé par un autre officier, en la personne de Wbling. En outre, un groupe de soldats est confié à un officier français, Noyal, qui a comme adjoint un des fils du Premier ministre Rainilaiarivony, Radilofera, rentré depuis peu de France.

Les premiers, instruits par Wbling, sont appelés « Tsatsimenitra », et les seconds, instruits par Noyal et Radilofera, sont dénommés « Sarizenitra ».

C’est encore sous Ranavalona II que le ministère de l’Armée est « définitivement et solidement » affermi avec ses services.

Enfin, sous Ranavalona III, sont créés les « Kadetra » (Cadets) composés de jeunes gens d’Antananarivo, instruits à part par trois officiers. Il s’agit de deux Anglais, le colonel Shevington et le major Graves, et un Français, le capitaine Lavoisot.

Quand débute la colonisation, le résident général, Hippolyte Laroche, établit les milices pour assurer l’ordre en milieu urbain, l’armée française étant occupée à mater les Menalamba.

Sous la colonisation, surtout durant les deux guerres mondiales où ils se distinguent, celle d’Indochine et celle d’Algérie, des combattants malgaches sont engagés pour défendre la

Mère-Patrie ou la Métropole comme on appelle alors la France. C’est le célèbre 12e Bataillon.

Ils sont intégrés dans l’Armée française et ces anciens combattants, comme leurs homologues du continent, perçoivent une pension de retraite jusqu’à nos jours. Il en est de même de leurs veuves.

Ce n’est que le 26 juin 1960 que l’Armée malgache est née et c’est le colonel Gabriel Ramanantsoa qui prend les fonctions de chef d’État major général de l’Armée de Terre, de Mer

et de l’Air de la République malgache. Promu général de brigade en 1961, il se voit confier en 1962, l’Armée malgache toute entière.

Texte : Pela Ravalitera – Photo : Archives personnelles

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