Notes du passé: Une forêt tropicale et tempérée à l’Est de l’ile

Publié le par Alain GYRE

Une forêt tropicale et tempérée à l’Est de l’ile

03.06.2016 Notes du passé

Photo: www.futura-sciences.com
Photo: www.futura-sciences.com

La forêt de plaine de l’Est malgache n’est pas continue du Sud au Nord, soit que les contreforts montagneux descendent jusqu’à la mer, soit que les terrains côtiers supportent des cultures riches (lire précédente Note). Dans les années 30, on en rencontre de très importants massifs qui font place peu à peu aux lisières dégradées des peuplements secondaires, où l’on trouve le fameux Ravinala, l’arbre du voyageur, végétal essentiellement malgache.

Les raphia de la côte Est alternent avec la vraie forêt côtière et sont groupés en « peuplements purs », d’étendue fort variable, mais de plus en plus réduite à mesure qu’on avance vers le Sud. Les derniers pieds rencontrés n’atteignent pas la latitude de Manakara.

L’exploitation continuelle par les populations locales qui trouvent dans ce palmier de quoi satisfaire plusieurs de leurs besoins (murs et toiture pour la construction des cases, nourriture, rabanes) raréfie de jour en jour ces peuplements. C’est pourquoi pour leur conservation, à l’époque l’administration envisage une réglementation spéciale. Mais cette espèce n’est pas particulière à la côte Est car elle se retrouve dans les plaines occidentales.

Dès les premiers contreforts de la chaine de montagnes appelée la grande falaise qui va du Nord au Sud, on pénètre dans la grande forêt orientale de type nettement tropical, tempéré en quelques endroits par l’altitude. Elle est constituée de futaies serrées aux fûts élevés et imposants, dont la voûte mamelonnée ne laisse pénétrer qu’une clarté très diffuse et qui domine une végétation secondaire de sous-bois, « d’une complexité et d’une abondance inouïes ». Des futaies où les lianes, les ronces, les bambous, les arbustes et les plantes herbacées, mêlés les uns aux autres, semblent s’opposer à toute pénétration.

« En fait, ces peuplements primaires ne se rencontrent qu’autant le relief ou l’absence de tout débouché possible ont barré la route à l’homme. Ailleurs, l’instinct de destruction inné chez celui-ci, a toujours eu raison de ce monde inextricable pour y laisser les traces de sa pénétration néfaste », écrit un botaniste.

En certaines parties, cette bande s’étend sur une largeur de près de 100km, notamment dans la région comprise entre Fenoarivo-atsinanana et Vohémar. Mais dans le Sud-est, elle se dédouble, puis se fragmente davantage en massifs isolés pour se terminer en éperon très étroit sur le rivage même de Tolagnaro. « Ce qui donne un cadre grandiose à cette ville. » Là, la montagne mi-rocheuse mi-forestière descend jusqu’au bord même de la mer qui se fracasse à ses pieds bordés de plages magnifiques.

Entre Toamasina et Antananarivo et, en particulier, tout le long de la voie ferrée qui serpente à travers ce monde végétal, se trouvent les exploitations nécessaires aux besoins du chemin de fer : combustible ligneux, traverses, charpentes de wagon, etc. Ces exploitations sont à la charge du service des Forêts auquel celui de la main-d’œuvre des travaux d’intérêt général, le tristement célèbre Smotig, fournit les bûcherons.

C’est dans la même contrée qu’est installée la principale station de recherches forestières où, depuis le début du XXe siècle, sont étudiées les principales essences étrangères et autochtones. Elles sont destinées au reboisement des terrains dénudés et à la régénération artificielle de la forêt primitive.

Cette forêt immense constitue le réservoir presque inépuisable des bois qui font l’objet du commerce local et d’exportation. Elle est riche d’une variété infinie d’essences : bois d’ébénisterie, de grosse menuiserie, de construction, de charpente, bois à traverses, de mines, de caisserie, de chauffage et bois à charbon. De plus, elle renferme de nombreux produits accessoires, d’une utilité variable : bambous, caoutchoucs, gommes, résines, cires animales et végétales, miel.

Les palissandres aux tons variés, du brun clair au rouge violacé, y sont encore abondants, tandis que les ébéniers se cantonnent, de plus en plus, dans les régions inaccessibles. Parmi les essences de menuiserie et de construction, celles qui sont les plus recherchées et qui donnent lieu aux transactions les plus importantes, sont le Varongy, le Vintanina, le Faralaotra, l’Ambora, le Nato, le Rotra, le Lalona, l’Herehitsika, l’Hazomena, le Kijy, le Merana, le Manoka, le Vivaona et le Ramy.

Quant aux essences de caisserie et de chauffage, le Ramy blanc, l’Ambavy, le Voapaka, le Voamana et le Tavolo figurent parmi les plus utilisés dans l’Est et sur les plateaux malgaches.

Pela Ravalitera

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Publié dans Histoire, Notes du passé

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