Coupe Davis: revenu dans le groupe II, Madagascar rêve de développer son tennis

Publié le par Alain GYRE

Coupe Davis: revenu dans le groupe II, Madagascar rêve de développer son tennis

Par Jeanne Richard Publié le 17-07-2016

Coupe Davis: revenu dans le groupe II, Madagascar rêve de développer son tennis

Crédit: International Tennis Fédération

La Coupe Davis du groupe III zone Afrique 2016 s’est achevée à Madagascar le 16 juillet. Dix nations africaines se sont affrontées. C’est Madagascar, à domicile, et le Maroc qui ont gagné leur place dans le groupe II pour la saison 2017. Samedi, Madagascar a gagné 2-0 devant la Namibie, et le Maroc a battu le Bénin sur le même score. C’est la joie pour les Malgaches qui restent conscients des défis qui attendent l’équipe l’année prochaine. Conscients également des opportunités pour le tennis malgache qui manque de moyens.

C’était un challenge pour le pays d’accueillir une compétition de cet ordre. Les sponsors, la fédération internationale de tennis et la fédération malgache ont financé l’organisation du tournoi qui a coûté environ 400 millions d’ariary, soit 115 000 euros.

Une semaine de matches, de tensions, de concentration, de fatigue et finalement, une victoire ! Madagascar retrouve le groupe II. Depuis plusieurs années, la Grande île tente de se maintenir dans ce groupe plus prestigieux et plus difficile aussi, comme l’explique le joueur malgache Jacob Rasolondrasana. « On est très content de revenir dans le groupe II, mais ce n’est pas vraiment une surprise, on l’a déjà réussi en 2011 et 2013. Ce qui est génial, c’est qu’on l’a fait à Madagascar et ça s’est vraiment exceptionnel. Ce n’est pas la même ambiance de jouer devant son public. »

Pour le coach Rija Rajaobelina, ce sont aussi les efforts des joueurs qui payent. «C’est pour vivre des moments pareils qu’ils font des sacrifices, qu’il s’entraînent dur au quotidien. L’objectif à long terme, c’est de pouvoir avoir le niveau pour rester en groupe II. Pour l’instant, on fait le yo-yo, mais on progresse. Il faut investir sur nos jeunes. »

Seulement 500 licenciés

Car pour pouvoir progresser et se professionnaliser, ces joueurs ont besoin de plus d’expérience. Et donc de faire plus de tournois et de rencontres avec des joueurs de haut niveau. C’est également l’avis de Jacob Rasolondrasana. « On a toujours eu de bons joueurs, de bons jeunes, mais arrivé au niveau -30, 500 mondial, on n’a plus les moyens d’aller plus haut. Faire plus de tournois. C’est ça qui nous bloque un peu. »

Avec seulement 500 licenciés, la fédération de tennis malgache n’est pas assez importante pour payer ces participations aux tournois, ni garantir un salaire décent d’ailleurs. Pour vivre du tennis, les joueurs doivent s’expatrier. En France, grâce aux primes des petites rencontres, ils arrivent à gagner entre 1500 et 2000 euros par mois. Ce qui leur permet de se consacrer au sport. « On ne peut pas vivre du tennis à Mada» (Madagascar), lâche Rasolondrasana. Et pour son coéquipier, le joueur Jean-Jacques Rakotohasy, c’est une question de volonté politique.« Si l’Etat met en valeur la politique sportive, on peut créer des emplois dans chaque discipline. Je ne parle que du tennis. Tant que l’Etat ne s’y met pas à fond, on ne peut pas développer le tennis et en vivre. »

Le tennis enseigné à l’école

Pour cette Coupe Davis, l’Etat a justement rénové 10 cours à l’Université d’Ankatso à Antananarivo, ce qui a permis l’organisation de cette compétition. Un début pour Heritiana Rabarijaona, secrétaire général de la fédération malgache de tennis. «C’était important pour nous de pouvoir abriter cette compétition. Faire venir le tennis à Madagascar, pour que les gens voient et promouvoir le tennis ». Surtout, un accord a été signé cette semaine pour que le tennis soit proposé comme enseignement dans les écoles du pays. Une grande avancée pour intéresser les jeunes, créer des vocations et peut être aussi pour découvrir de nouveaux talents. « Le niveau du tennis évolue surtout dans les pays émergeants. Le tennis africain, c’est comme le football, il y a 30 ans. Il y a plein de potentiels. Il suffit de les exploiter. Je suis sûr que d’ici 15 ou 20 ans le vivier du tennis mondial sera l’Afrique», estime Rabarijaona.

Et entre l’organisation du tournoi et la montée dans le groupe II, il espère que les regards des professionnels du secteur vont davantage se tourner vers la Grande île. Il compte sur des aides supplémentaires pour développer la discipline.

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Publié dans Sport, Tennis

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