Notes du passé: Attaques successives à Ambalavelona

Publié le par Alain GYRE

Attaques successives à Ambalavelona

12.07.2016 Notes du passé

Notes du passé: Attaques successives à Ambalavelona

Le chef de bataillon Lamolle, dans un de ses rapports, évoque l’insurrection du Nord-ouest de Madagascar. Tout commence le mercredi 26 octobre 1898, par l’attaque du poste de milice de Marotolana par « une bande de rebelles ». Le combat dure toute la nuit et finalement, les assaillants s’éloignent du lieu de combat car, en présence du nombre grossissant des rebelles, le garde Ettori détruit son poste et cherche à regagner la côte. Mais dans sa fuite, il est attaqué et perd la vie ainsi que plusieurs de ses miliciens. Dès qu’il a connaissance de ce mouvement, le général Gallieni forme de suite à Mahajanga une compagnie de marche sénégalaise, commandée par le capitaine Laverdure devenu commandant du Cercle annexe de Nosy Be. Ce dernier a ainsi tous les pouvoirs pour accomplir sa mission de rétablir l’ordre et de localiser le mouvement.

Le 3 novembre il se dirige vers Ambalavelona puis poursuit sa battue vers l’intérieur du pays.

Le 8 novembre, le groupe arrive à Marotolona. Le village est complètement abandonné, mais les cases sont intactes. Un amas de cendres et de bois calcinés est sur le sol. Dès le lendemain, le poste est reconstitué avec un sergent, 30 tirailleurs et 10 miliciens.

Le poste de Marotolona reconstitué, le capitaine Laver­dure poursuit son chemin. « Le

10 novembre, il trouva le squelette carbonisé de l’interprète du garde Ettori et il reçut quelques renseignements sur l’attaque du poste et la désertion de 8 miliciens dès le début de l’attaque » (chef de bataillon Lamolle).

Le lendemain, il se met à la recherche des traces d’Ettori, mais tous les villages traversés sont abandonnés dans une fuite précipitée, et le 12 novembre, la reconnaissance rentre à Marotolana.

Enfin, le 13 novembre, apprenant qu’Ambalavelona a été attaqué, le capitaine Laverdure

décide d’y revenir et désigne le sous-lieutenant Sautel pour commander à Marotolana.

Effectivement dans la nuit du 7 au 8 novembre, le lieutenant Gautier, adjoint du commandant du Cercle annexe, arrive à Ambala­velona. Au petit matin, « 200 Marofelana dont une trentaine armée de fusils et les autres de sagaies, attaquaient le poste après avoir incendié le village. Ils criaient: Vazaha! Vazaha! »

Le lieutenant repousse l’attaque et poursuit les fuyards qui abandonnent deux des leurs, dont l’un armé de fusil est abattu d’un coup de revolver. Cinq autres corps sont emportés.

Le poste est de nouveau attaqué le 8 novembre en début d’après-midi, « par 150 Marofelana divisés en trois groupes, mais sans beaucoup de dommages ».

Le capitaine Laverdure commence alors à sillonner la région pour faire des reconnaissances.

Dans la nuit obscure du 22 novembre, le poste d’Ambala­velona commandé par l’enseigne de vaisseau Calemard, est une fois de plus attaqué. Il est cependant difficile de suivre les traces des agresseurs, mais un tirailleur est mortellement blessé.

Du 24 au 27 novembre, le capitaine Laverdure reçoit un canon de 37, 10 mulets et une pièce de 80m/m de montagne. Fort de son nouvel armement, il se prépare à marcher de concert avec le commandant de Bealanana, dont le poste a été enlevé par l’insurrection qui gagne toute la région de l’Ankaizina.

Le 28 novembre, il se dirige vers Bealanana avec des officiers, sous-officiers, 83 tirailleurs,

22 miliciens, 14 artilleurs.

Le 29 novembre, le groupe arrive à Marotolona bien que l’artillerie supporte de grosses difficultés de marche. Les habitants de ce gros village reviennent en nombre appréciable. « Félicités et rassurés par le capitaine, ils prennent l’engagement d’aller chercher leurs amis pour les faire rentrer. Le 30, on a quitté Marotolona. »

Après une marche difficile due à la pluie et au froid dans les montagnes très élevées, le groupe du capitaine Laverdure arrive, le 5 décembre dans la matinée, en vue de Bealanana. Un immense marais les sépare de la ville.

« Aucune colonne n’était en vue et on ne reçut aucune nouvelle du groupe Mondon dépêché auparavant. Quelques coups de canon étaient tirés sur le village. Ils ne déterminaient aucun mouvement apparent. »

Le groupe décide alors de traverser le marais qui le sépare du village avec précaution. Quand il y pénètre, il le trouve complètement abandonné, la moitié des cases incendiées: tout dénote une fuite précipitée.

Du poste, il ne reste rien. On n’y trouve que des étuis de cartouches 74 et de fusils à piston et des effets de miliciens. « Au sud-ouest du village, on avait trouvé un poteau au sommet duquel était attaché un casque d’Européen et une mallette en fer contenant divers objets ayant appartenu au garde Gouraud! »

Texte : Pela Ravalitera – Photo : Archives personnelle

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Publié dans Histoire, Notes du passé

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