Notes du passé: Les raisons du choix de Foulpointe, comme colonie agricole

Publié le par Alain GYRE

Les raisons du choix de Foulpointe, comme colonie agricole

25.07.2016 Notes du passé

Notes du passé: Les raisons du choix de Foulpointe, comme colonie agricole

Le Journal de James Hastie sur son séjour à Madagascar en 1822, insiste sur plusieurs points : la colonie agricole de Foulpointe, ville qui sera atteinte en passant par Ambatondrazaka,, la campagne du Menabe… À propos de ce dernier point, le Journal de l’agent anglais, précise Jean Valette, archiviste-paléographe, fournit de précieuses indications sur la chronologie des débuts de cette expédition dirigée par Radama en personne.

Ce dernier quitte Antananarivo, le vendredi 21 juin 1822, « escorté par son premier régiment » pour prendre la tête de l’armée réunie à l’avance. Avant de partir, Radama organise une sorte de régence chargée de gouverner en son absence. Hastie n’en donne pas cependant les noms des membres de ce conseil.

L’agent britannique accepte les raisons données par Radama pour justifier la campagne contre le roi du Menabe (lire précédente Note). C’est pourquoi le souverain merina lui confirme que « ses préparatifs guerriers ne retarderaient en rien la réalisation d’une idée chère à Farquhar : la création de colonies agricoles », et que le premier de ces établissements serait dans les meilleurs délais créé à Foulpointe. Dans son Journal, Hastie explique ce choix à la date du 12 juin, « en raison de la qualité de son mouillage et parce qu’on pouvait établir des communications aisées à travers la région de l’Antsihanaka ».

Cette colonie occupe d’ailleurs l’attention de Radama qui, dès le 18 juin, décide d’en confier la réalisation à son beau-frère Rafaralahy, mis dans ce but à la tête de 2 000 travailleurs et de 100 soldats. L’argent, les troupeaux et les marchandises jugées nécessaires pour cette création, sont réunis à la même époque. Hastie considère que des colonies de ce genre doivent être placées sous l’autorité directe d’officiers merina. Aussi accepte-t-il d’accompagner le détachement « pour donner tous les conseils dont j’étais capable à l’officier chargé de son commandant ». Il consacre ainsi les quelques journées qu’il passe encore à Antananarivo en préparatifs de voyage vers Foulpointe en passant par le lac Alaotra.

L’agent anglais ne part que le lundi 24 juin, ne compagnie de Rafaralahy. « L’établissement de communications aisées avec la future colonie de Foulpointe était évidemment une des conditions de son succès » (Jean Valette, archiviste-paléographe). Pour y parvenir, Radama promet à Hastie « de faire une bonne route menant à tous les endroits choisis pour y créer un établissement commercial ». Ce qui implique de reconnaître divers itinéraires pour choisir le plus approprié.

L’itinéraire classique par Moramanga et Toamasina est fort difficile. Il est décidé que deux groupes s’efforceront d’en trouver un meilleur, tandis qu’Hastie et Rafaralahy, à la tête d’un troisième groupe, doivent prendre « une route en partie connue à travers la région de l’Antsihanaka ».

Parti d’Antananarivo, le 24 juin, ils arrivent à Ambatondrazaka le 2 juillet, ayant parcouru en neuf jours, environ 160 km à vol d’oiseau. Partant der cette dernière localité, le 5 juillet, ils arrivent à Foulpointe le 16 juillet. L’agent anglais décrit les différentes régions qu’ils traversent, le pays merina, le pays sihanaka, et la grande forêt de l’Est.

Hastie ne précise pas les limites exactes du pays merina, mais Jean Valette les fixe, « arbitrairement peut-être », à la rivière Mananara. Rafaralahy, Hastie et leurs troupes passent par l’Imerina du Nord et du Nord-est. D’après l’agent anglais, la population de cette contrée s’éclaircit très vite.

Le premier jour, après 26 km de parcours, il note déjà que « la densité de la population décroît au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la capitale ».

Il signale d’ailleurs « de nombreux petits villages et des cases dispersées, et un grand nombre de petites parcelles de terres cultivées dans les vallées », le second jour il ne rencontre plus que « quelques petits villages et quelques cases isolées… »

Texte : Pela Ravalitera – Photo : Archives personnelles

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Publié dans Histoire, Notes du passé

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