Famadihana : Une tradition frappée par la crise

Publié le par Alain GYRE

Famadihana : Une tradition frappée par la crise

Rédaction Midi Madagasikara 23 août 2016

Famadihana : Une tradition frappée par la crise

Linceul en soie.

Tous les ans, le retournement des morts est organisé de juin à septembre. Actuellement, les adeptes de cette coutume sont moins nombreux

Selon la croyance malgache, les morts peuvent bénir ou maudire les vivants. « Il n’y a plus de famadihana. Les gens ne respectent même plus les morts », lance Sahondra, vendeur de lambamena à Andravoahangy. « Les gens qui viennent acheter du « lambamena » sont ceux qui ont construit un nouveau tombeau. De ce fait, avant de transférer les défunts, la famille doit leur couvrir un nouveau linceul », poursuit-elle. Mais encore, le lamba tavoahangy est plus prisé. Outre la baisse du revenu, la croyance de certains adeptes de secte religieux est également à l’origine de la non considération du retournement des morts. Et en plus de la cherté des linceuls, le famadihana occasionnent de nombreuses dépenses. Effectivement, pendant au moins trois jours, il faut offrir des festins à tous les parents, aux habitants du village et aux invités. Il faut aussi faire venir des troupes de mpihiragasy et de vakodrazana. Bref, il faut un budget colossal pour organiser une cérémonie de retournement des morts.

Morosité du marché du « lambamena ». En pleine période du famadihana, les vendeurs de lambamena d’Andravoahangy se plaignent de la rareté des clients. « Il y a des jours où je n’arrive pas à vendre un seul produit », lance Sahondra, commerçant à Andravoahangy. Le prix de linceul varie selon leur qualité. Ce prix tourne autour de 5 000 ariary pour le linceul de moindre qualité ou le lamba tavoahangy qui est à base de fibre nylon et de 300 000 ariary, voire même plus pour le linceul de soie. « Cette année, je trouve que les gens achètent surtout des lamba tavoahangy en raison de leur prix. Le pouvoir d’achat des familles ne leur permet plus d’acheter des linceuls de qualité faits en soie », déplore les marchands. « Si avant, en une journée, j’arrivais à gagner plus de 2 millions d’ariary, surtout en période de famadihana, actuellement, j’ai du mal à gagner un million d’ariary », selon toujours Sahondra.

Nirina Rasoanaivo

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Publié dans Coutumes, Traditions, Famadihana

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