Madagascar: pénurie de touristes sur l’île paradisiaque de Nosy Komba

Publié le par Alain GYRE

Madagascar: pénurie de touristes sur l’île paradisiaque de Nosy Komba

Madagascar: pénurie de touristes sur l’île paradisiaque de Nosy Komba

Stevio Rabeloharison (à droite), célèbre sculpteur de Nosy Komba, et ses élèves dans leur atelier.

© Sarah Tétaud / RFI

Par RFI Publié le 21-08-2016

A Madagascar, la saison touristique bat son plein. Les vacanciers étrangers sont arrivés sur la Grande île dès la fin juin. Certaines destinations sont toujours aussi prisées et attirent toujours autant les touristes comme celles de l'île Sainte Marie, à l'Est et l'île Nosy Be, au nord-ouest. Pourtant, à quelques miles nautiques de Nosy Be, se trouve Nosy Komba, une petite île de 25 kilomètres tout aussi paradisiaque mais, au grand damne de ses habitants et de ses artisans, très peu de touristes osent s'y aventurer. RFI a rencontré ceux qui se considèrent comme les « laissés pour compte » de ces coins de paradis.

La réputation des talents de Stevio Rabeloharison a largement dépassé les frontières de son archipel. Depuis vingt ans, ce sculpteur sur bois, natif de l'île de Nosy Komba, a honoré des commandes pour les plus grands hôtels de Madagascar et des touristes du monde entier. Mais aujourd'hui, l'artiste peine à vendre ses œuvres.

« Dès qu’il y a un évènement politique à Antananarivo, c’est international. Tout le monde le voit à la télévision et donc, s’il n’y a pas de stabilité à Madagascar, les touristes ne viennent pas à Madagascar », souligne-t-il.

Pas de plan d'aménagement du territoire, pas d'électricité, et aucune subvention du gouvernement. Pour Stevio, l'Etat a abandonné son îlot au profit de sa grande sœur, Nosy Be.

« Je fais un effort pour essayer de créer des emplois ici mais sans aucune aide de l’Etat c’est très difficile. Les jeunes que je forme ici, restent ici, pour l’instant », se désole le sculpteur.

Voilà presque trois ans que Gérald affine sa technique auprès du maître. Face à la pénurie de touristes, il se montre résigné.

« S’il n’y a pas de touristes qui viennent ici, je serai obligé de partir pour aller travailler dans les plantations, dans la montagne. Je partirai loin d’ici et je ne pourrai plus revenir », a-t-il dit.

A chaque instabilité politique dans la capitale, l’onde de choc se fait sentir dans la petite île. Armés de leurs burins et de leurs plus belles râpes, Stevio et ses compagnons attendent impatiemment le retour des touristes.

http://www.rfi.fr/

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