Comores et Madagascar, des échanges pour améliorer la gestion des parcs et des sites marins

Publié le par Alain GYRE

29/09/2016

Comores et Madagascar, des échanges pour améliorer la gestion des parcs et des sites marins

Comores et Madagascar, des échanges pour améliorer la gestion des parcs et des sites marins

Comores et Madagascar, des échanges pour améliorer la gestion des parcs et des sites marins WWF couvre la conservation de la biodiversité de Madagascar et des Comores, deux îles sœurs de l’océan indien qui font face aux mêmes défis écologiques. Des visites d’échanges organisées entre les responsables de parcs marins et d’associations communautaires des deux pays a permis aux Malgaches et aux Comoriens de faire une comparaison constructive de ces actions de conservation et de développement.

C’est dans le nord de Madagascar que se rendent les gestionnaires des aires marines protégées des Comores, à la rencontre de leurs homologues malgaches issus du Madagascar National Park (MNP), de Conservation International (CI) et des communautés gestionnaires des sites marins (LMMA). Parmi l’équipe comorienne, l’on compte le Directeur Exécutif du parc marin de Mohéli, un représentant communautaire, un représentant d'une association gestionnaire de ressources naturelles à Anjouan, un patrouilleur communautaire et un ranger.

Des activités génératrices de revenus qui démarrent fort

La visite commence à Ambilobe, où l’on trouve des sites marins sous gestions communautaires. Ankazomborona, premier site, a permis aux visiteurs de s’enquérir de l’initiative locale de restauration de mangroves et d’élevage de canards, l’une des activités génératrices de revenus. Ces initiatives sont particulièrement positives, grâce à la motivation communautaire et la structure d’organisation qui a été établie pour réaliser ces activités et gérer les ressources. Le reboisement de mangroves s’étend sur 300 ha à Ankazomborona, avec la participation massive des paysans. C’est un écosystème particulier qui, tout en jouant un lien entre terre et mer ainsi qu’un tampon en cas de crue, est aussi un immense vivier de ressources halieutiques. Le reboisement de mangroves concourt ainsi à rehausser le niveau de vie de la population locale. C’est dans la localité d’Antsatrana, autre site géré par les communautés, que l’équipe comorienne peut constater cette contribution appréciable des mangroves à l’amélioration des revenus paysans. En effet, la collecte de crabes est une activité qui fait vivre les paysans d’Antsatrana. Quant à l’élevage de canards, il prend peu à peu son élan : actuellement, chaque paysan éleveur d’Ankazomborona possède environ 20 têtes de canards adultes.

A Nosy Hara, l’équipe comorienne visite Ankingameloka. Dans ce village, les pêcheurs ont eu l’opportunité de partager leurs expériences dans la pêche communautaire. C’est une initiative qui nécessite une organisation rigoureuse, basée essentiellement sur la cohésion communautaire. Les ressources halieutiques sont collectées et mises en commun. Les revenus récoltés par la vente sont divisés en parts égales entre les pêcheurs, tandis qu’une part est reversée dans la caisse communautaire.

A Ambodivahibe et Ampondrahazo, villages qui pratiquent la pêche aux poulpes, les visiteurs ont l’occasion d’analyser la structure communautaire qui fait tourner l’activité. Règlements et dina sont appliqués pour régir l’organisation de la communauté mais aussi aux activités de pêche. Patrouilles en mer, saisons de pêche, restaurations des mangroves : autant d’activités dans lesquelles les paysans s’impliquent activement.

Des découvertes et des pratiques différentes

« Pour les îles Comores, la motivation communautaire est en construction », admet Zamil Maanfou, le représentant de l’association gestionnaire de ressources naturelles à Anjouan. « Nous encourageons les communautés pour qu’elles s’organisent dans la mesure où ces activités n’ont pas de perspectives de rémunération, du moins pour l’instant ».

Ces découvertes ont surpris les visiteurs des îles Comores, leur donnant aussi l’opportunité de partager leurs propres expériences aux communautés malgaches. « Certaines pratiques en cours à Madagascar, ou du moins dans les sites que nous avons visités, ne sont pas permises aux îles Comores. Par exemple, nous n’utilisons pas les filets pour la pêche : ils sont interdits, quelles qu’en soient les tailles des mailles », explique Anthoumane Aboubacar, le Directeur Exécutif du parc marin de Mohéli. « Je constate qu’ici, ces filets sont acceptés, mais avec des règles assez strictes quant aux maillages, afin de ne pas détruire la réserve de poissons ». Les Comoriens prohibent aussi l’usage des tiges de fer dans la pêche aux poulpes. « Nos expériences nous ont montré que ces outils abiment les coraux. Mais on a vu que les Malgaches ont une autre technique : au lieu de s’attaquer aux coraux, ils les utilisent pour éloigner les poissons des coraux et lancent ensuite les filets pour les attraper ».

Par contre, les paysans du Nord malgache sont déjà familiers à l’usage des GPS qui sont utilisés dans les patrouilles. Ils aident à renseigner et documenter les surveillances, avec précisions et efficacité. L’outil permet ainsi d’assurer un suivi méthodique des zones d’interventions.

La semaine d’échanges aura permis aux équipes malgaches et comoriennes d’analyser les avancées et obstacles dans la conservation et le développement des aires marines, avec une perspective d’appuis et conseils mutuels des gestionnaires de parcs dans la réalisation des initiatives locales.

Un réseautage entre gestionnaires de parcs

Ces visites consistent ainsi à renforcer la conservation de ces aires marines à travers un programme d’échanges entre les gestionnaires de ces lieux et les communautés qui gèrent localement les aires marines. Les visites d’échanges sont réalisées dans un esprit de réseautage et de partage de bons procédés. Du côté malgache, la fierté de partager ces expériences a été bien visible. « Le peu que nous avons pu accomplir à ce jour a démontré que nos efforts ne sont pas vains. Nous apprécions de pouvoir partager ces bonnes pratiques pour que les gestionnaires comoriens puissent s’inspirer de nos exemples », explique Abdala, villageois d’Ankazomborona.

Les aires marines protégées, dont celle de Nosy Hara, le parc national de Mohéli, jouent un rôle important dans la préservation des écosystèmes et des espèces. La similarité de gestion et la proximité de ces zones permettent d’établir un lien de collaboration solide entre ces gestionnaires. Ces échanges entre l’équipe comorienne et les communautés malgaches, sont soutenus par le WWF à travers les activités du paysage Canal du Mozambique Nord.

Source:WWF

http://www.etropique.com/

Publié dans Environnement

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