L’affrontement décisif entre Andriantsoly et Ramanetaka

Publié le par Alain GYRE

L’affrontement décisif entre Andriantsoly et Ramanetaka

17.09.2016 Notes du passé 2246

L’affrontement décisif entre Andriantsoly et Ramanetaka

Le roi du Boina (Boeny) Andriantsoly est très remonté contre le gouverneur merina, Ramanetaka, et ses hommes à cause de leur brutalité. Quand ce dernier s’empare de force, en janvier 1825, de trente esclaves qui se sont enfuis de chez lui pour chercher protection auprès de lui, il entre dans une vive colère (lire précédente Note).

Le soir même, il réunit les chefs qui lui sont restés fidèles, Mari Ben Roussi et Raivala, leur rappelle les outrages et les vexations dont il a à souffrir. Il se concerte avec eux sur les moyens à employer « pour secouer un jour, le joug intolérable ». Ils conviennent que tout en feignant la plus absolue soumission, ils prépareront un soulèvement général. Ils prévoient qu’au moment où ils le jugent convenable, ils rassembleront assez de monde pour s’emparer d’abord d’Anfihaonana, puis pour marcher sur Mahajanga, dont la garnison se trouve alors fort réduite par suite des fièvres.

« C’est au cours de ces préparatifs que les envoyés de Ramitraho au nombre d’une trentaine arrivèrent auprès d’Andriantsoly et se joignirent à eux pour mettre son plan à exécution » (Jean Valette, archiviste paléographe).

Le 1er mars 1825, l’entourage d’Andrian­tsoly, aidé des émissaires de Ramitraho, se ruent sur le poste d’Anfihaonana. « La garnison attaquée ainsi inopinément, ne put faire de résistance. Manjaka­tompo qui la commandait, et ses soldats furent massacrés par les Sakalava. »

Un Antalaotra, Faki Mouïaka, informe Ramanetaka de ce coup de main. Il envoie aussitôt un contingent important vers Anfihaonana pour reconnaitre la situation et porter secours, s’il en est encore temps, à la garnison de ce poste. En même temps, il dépêche un courrier à Antanana­rivo pour renseigner Radama sur ce qui se passe et lui demander des renforts.

Quant à lui, il fait en toute hâte exécuter quelques travaux pour assurer la défense du camp de Mahajanga où il s’attend à être bientôt assiégé par les insurgés.

Le Mahajanga merina, situé sur le sommet de la colline de Saribengo, n’est alors qu’un assemblage de cases en falafa sur une petite surface. Il est entouré d’une palissade en bambous dans laquelle sont ménagées deux ouvertures d’entrées. L’une regarde le village, l’autre donne sur le côté opposé.

À la première sont placées trois pièces de gros calibres, dont une seule est montée. Pour défendre cette position, Ramanetaka ne dispose que de 500 à 600 hommes, dont une partie est déjà très affaiblie par les maladies et les fièvres.

« Son courage et son énergie ne l’abandonnèrent pourtant pas en cette circonstance difficile. Il fit doubler les pieux de la palissade et élever en dedans de celle-ci un rempart en terre d’environ quatre pieds de haut. Une pièce d’artillerie fut placée à chacune des ouvertures. » Ces dispositions terminées, il attend calmement l’ennemi.

De son côté, Andriantsoly, maitre d’Anfihaonana, donne l’ordre à tous les Sakalava réunis dans les environs de se joindre à lui. Le 3 mars, les insurgés se mettent en marche vers Mahajanga. Leur colonne est forte d’environ 500 hommes, mais à mesure qu’elle avance, des groupes nombreux se joignent à elle, et « elle se trouva bientôt plus que doublée. Mais ses mouvements furent lents et indécis. »

En effet, au lieu de se précipiter à marche forcée sur le camp merina de Mahajanga, qu’ils peuvent atteindre en deux jours et demi tout au plus, les Sakalava s’avancent « à petites journées » afin de réunir plus de monde. Un engagement avec les troupes de renfort envoyées par Ramanetaka contribue aussi à retarder le mouvement. Et la colonne n’arrive devant Mahajanga que le 9 mars.

La veille, les Sakalava, au nombre d’environ 2 000 hommes, font halte à Amparihingidro et se divisent en quatre corps. Ces derniers doivent attaquer simultanément sur quatre fronts. En arrivant, chacun d’eux va prendre le poste qui lui est assigné.

Le premier, sous les ordres de Mari ben Roussi, se place au nord. Le second avec Raivala et Fianhouna prend posi­tion à l’est. Le troisième est commandé par Anangha et Andakafotsy à l’ouest.

Le quatrième, à la tête duquel se trouvent deux Antalaotra, Tsimba et Moussa, se porte au sud, entre la ville de Mahajanga et le camp merina. L’attaque commence le 10 mars sur les quatre fronts et se termine par la débandade des assaillants.

Texte : Pela Ravalitera – Photo : Archives personnelles

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