Léon Fulgence : Recréer l’ambiance Mont martre à Antsirabe

Publié le par Alain GYRE

Léon Fulgence : Recréer l’ambiance Mont martre à Antsirabe

Rédaction Midi Madagasikara 10 septembre 2016

Léon Fulgence : Recréer l’ambiance Mont martre à Antsirabe

Léon Fulgence, de passage à Tanà, devant ses œuvres au Louvre.

Léon Fulgence expose actuellement à l’Hotel le Louvre, dans le cadre d’une expo mise en œuvre par la galerie Les Goyaviers. Et ses œuvres sont mises en vente jusqu’à la fin de ce mois.

« Lorsque j’étais en France, à Montmartre, j’ai été impressionné par l’ambiance qui animait cette ville. Des peintres de tous les horizons, les plus grands comme les artistes émergents, tous à peindre les passants, et ceux qui s’arrêtaient pour immortaliser le tout en peinture. De retour au pays, j’avais envie d’en faire autant » raconte Léon Fulgence, artiste peintre très discret ayant pourtant une notoriété qui dépasse les frontières malgaches. De retour au pays, il recrée alors cette ambiance peinture à ciel ouvert à Antsirabe, à la Gare, où les peintres installent leurs chevalets et se mettent à peindre devant le grand public. Une vraie découverte pour la ville, et une expérience formidable pour les artistes. Inter. En 2000, Léon Fulgence réunit quelques-uns des peintres de la région du Vakinankaratra et fonde l’association Sarikanto. « A Madagascar malheureusement, il n’y a pas d’école des Beaux Arts. Alors les talentueux sont livrés à eux-mêmes pour apprendre en autodidacte. C’est un peu pour aider ces jeunes que nous avons créé l’association Sarikanto » explique Léon Fulgence. L’association devient alors un espace de rencontre et d’échanges entre artistes peintres de la région, qui trouvent alors l’opportunité d’exposer leurs toiles. Car Léon Fulgence avoue qu’il y a de plus en plus d’artistes peintres malgaches, et que ces jeunes, plus attirés par le courant contemporain, ont du potentiel.

Anjara Rasoanaivo

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Léon Fulgence – « Les plasticiens malgaches ont besoin d’une école des beaux-arts »

Léon Fulgence : Recréer l’ambiance Mont martre à Antsirabe

Né dans le sud-est de Madagascar dans une famille de six enfants, Léon Fulgence était entouré depuis son enfance par des artistes. L’aventure commença très jeune pour ce plasticien reconnu dans le monde entier qui est un homme aimant avant tout le dessin, ensuite la peinture. Il n’était encore qu’un collégien quand il a commencé à jouer avec du papier et du crayon. Si les jeunes d’aujourd’hui commencent par les mangas, lui, il a dessiné les personnages des bandes dessinées comme Lucky Luke. « Dans la famille, tout le monde aimait dessiner et moi j’ai continué cette tradition familiale. Ma mère et mes proches voyaient du talent dans mes œuvres et me disaient de continuer. C’est là que j’ai entamé la peinture et mon premier tableau était réalisé quand j’avais 12 ans », confie l’artiste, actuellement de passage dans la Capitale pour une exposition au Louvre, où il s’affiche avec le peintre Maître Chan. Depuis, il signe ses tableaux Fulgence, et a fait de la peinture, son métier et sa passion.

Humaniste, abstrait et colorés

Avant de devenir un as de la peinture, Léon Fulgence rêvait d’abord d’être cosmonaute puis photographe. « Je me souviens quand j’étais adolescent, je voulais devenir photographe et mon ami Pierrot Men voulait faire de la peinture… mais finalement c’est l’inverse qui s’est passé. A 21 ans, en 1971, j’ai organisé ma première exposition à Antananarivo », continue-t-il. Etant donné que dans la Grande Ile, il n’existe aucune école des Beaux-arts, il était obligé de travailler seul en observant beaucoup et en lisant des livres. Dans ses œuvres, Fulgence aime humaniser ses tableaux, ce qui ne l’empêche pas de dessiné de l’abstrait. Selon lui, il aime relater dans ses toiles ce qui se cache dans la réalité quotidienne des malgaches. « J’adore peindre tout ce qui est humaniste puisque mon inspiration vient de mes vécus. Mais il m’arrive dès fois de me lâcher dans des toiles plutôt profond que ce soit sur sa couleur ou sur son idée générale », explique-t-il. Par ailleurs, Fulgence est aussi un artiste qui adore les couleurs vives. Sa grande palette, semblable à un tableau, contient une vingtaine de taches multicolores. Il mélange le vermillon, le carmin, le jaune, bref l’artiste a un faible pour les couleurs chaudes, surtout le rouge.

Les jeunes doivent creuser

Selon lui, se surpasser est une qualité que tout plasticien doit avoir : « Moi, j’ai commencé par le dessin, et c’est plus facile de peindre tout ce que je veux extérioriser. Je veux dire que tout artiste doit avoir une bonne base et une précision intacte avant de s’imprégner dans ce monde. Je voudrais aussi dire que le talent ne suffit pas, les jeunes plasticiens malgaches ont également besoin d’étudier dans les écoles des beaux-arts. Chose qu’ils ne pourront pas faire puisqu’il n’en existe pas encore à Madagascar. Cependant, ils doivent creuser, s’enrichir culturellement pour pouvoir percer et imposer leur style dans cet art ». A noter que Léon Fulgence est le président fondateur de Sarikanto, l’association des peintres du Vakinankaratra qu’il a fondée en 2000 avec Michel Randria. Il a déjà fait le tour de l’Ile et a déjà exposé plusieurs fois à l’étranger notamment aux côtés du grand peintre français Jean Jansem.

Tahiana Andrianiaina

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