Notes du passé: Des portes d’entrée aux multiples fonctions

Publié le par Alain GYRE

Des portes d’entrée aux multiples fonctions

24.09.2016 Notes du passé

Notes du passé: Des portes d’entrée aux multiples fonctions

En restructurant le territoire, Andrianampoinimerina offre toutes les terres dépendant d’Antanana­rivo à l’autocratie et aux Hova appelés Voromahery, les soldats-colons qui doivent y immigrer « avec leurs morts ». La distribution se fait de manière très précise en commençant par la vieille ville, à l’intérieur des fossés de protection et fermée par six portes.

Au nord-ouest, le souverain offre à sa fille Rafaravavimarovelo, Marivolanitra, quartier qui, sous Ranavalona Ire, revient à Ramonja.

Au sud du Rova, Ambohimitsimbina (là où l’on peut guetter au loin) porte par laquelle les Manisotra pénètrent pour s’emparer du Rova, est habité par les Tsimahafotsy et les Tsimiamboholahy; puis en descendant vers Ambohipotsy, par les Tsimaha­fotsy et les Mainty « enin-dreny ».

Au sud-ouest d’Ankaditapaka, se trouve Ambaravarambato (à la porte de pierre) que l’on appelle aussi Ambavahadimitafo (au portail couvert)- dont le nom s’explique justement par cette toiture installée par Andrianampoinimerina-. Il revient aux Andriantompokoindrindra et aux Mandiavato Vakinandriamalama; vers Faliarivo, on rencontre également les Mainty.

Ambavahadimasina, au nord-est d’Andohalo, est la porte par où Andrianampoinimerina entre et sort de la vieille ville quand il revient d’Ambohimanga ou y va. D’où son nom de « portail sacré ». C’est également par-là que l’on fait monter l’eau servant à la circoncision des princes de la famille royale, qui passe ensuite par Ambohitsiroamanjaka et Andohalomasina.

Au nord-est d’Ambavahadimasina, une deuxième porte lui fait pendant, mais à l’extérieur du mur d’enceinte: c’est Anjohy.

Au centre de la vieille ville se dresse le Rova construit par Andrianjaka. L’enceinte est faite de bois si bien agencés et renforcés à sa base qu’il est difficile de la détruire. De plus, le haut de ces planches est bien aiguisé pour éviter que des ennemis y grimpent.

Tout autour du Rova, il y a d’abord Andohalomasina, terre-plein créé par Andriamasinavalona où se réunissent les sujets pour écouter les kabary royaux et pour faire la fête. Andrianampoinimerina y installe une pierre sacrée (vatomasina) pour présenter à ses sujets le prince héritier, Laidama. Depuis, c’est sur cette « vatomasina » que sont consacrés les futurs souverains, sauf Radama II qui l’a été à Mahamasina.

Auparavant, Ralambo a été intronisé à Ampahibe sur la « VatondRalambo », Andrianjaka à l’ouest d’Ambohitantely sur Ambatomasina. Il en est de même d’Andriantsitakatrandriana, sixième roi de l’Imerina depuis Rafohy, qui, selon la tradition, consacre son règne à encourager l’agriculture (1630-1650); d’Andriantsimitoviamiandriandehibe, fils et successeur du précédent et père d’ Andriamasinavalona.

Il laisse le trône à son fils aîné Razakatsitakatrandriana, mais, raconte-t-on, celui-ci se montre si dur et si égoïste qu’un puissant parti de la noblesse dirigé par Andriamampandry, ne tarde pas à proclamer sa déchéance au cours d’un coup d’État bénin au profit de son frère cadet, Andriamasinavalona. Ce dernier est aussi consacré à Ambatomasina.

Puis c’est Ambodinandohalo qui sert à la fois d’abattoir de bœufs et de source d’eau où puiser durant les anciennes guerres claniques. À l’est d’Andohalo en amont, c’est Ambohi­tantely. C’est par là que passe l’eau de circoncision des Hova. Le nom du quartier vient d’une anecdote sous Andriamampandry qui y offre au roi Andriamasinavalona, à son entourage et à ses serviteurs une telle quantité de miel que tous se sont délectés à satiété (tantely afa-drakotra).

Toujours à l’est d’Andohalo mais au début de la place, Ambohitsiroamanjaka, dont la

partie nord revient aux Andriandranando et celle au sud aux Andrianamboninolona. En amont du quartier, se trouve une grosse pierre ronde sur laquelle Andriatsimitoviaminandriandehibe, aime à s’amuser. C’est le fils aîné d’Andriamasinavalona, devenu seigneur d’Ambohimanga quand le vieux monarque partage ses États entre ses quatre fils. Il est réputé pour sa bonté et sa sagesse, qualités qu’il transmet en 1720 avec l’héritage du trône, à

son fils Andriambelomasina, grand-père d’Andrianampoinimerina.

Texte : Pela Ravalitera – Photo : Agence nationale Taratra

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Publié dans Histoire, Notes du passé

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