Notes du passé: « Mon gouvernement n’a jamais promis la lune » (Gabriel Ramanantsoa)

Publié le par Alain GYRE

« Mon gouvernement n’a jamais promis la lune » (Gabriel Ramanantsoa)

28.09.2016 Notes du passé Notes N°2255

Notes du passé: « Mon gouvernement n’a jamais promis la lune » (Gabriel Ramanantsoa)

Durant septembre 1974, comme les mois précédents, les membres du gouvernement Ramanantsoa mènent des tournées de sensibilisation et d’information de la population, toujours nombreuse à venir les écouter. Cette fois-ci, il est surtout question de maitrise populaire du développement.

Le 2 septembre, en visite à Miandrivazo, le général de division Gabriel Ramanantsoa, chef du gouvernement, prononce un important discours dans lequel il met en garde, de façon péremptoire, ceux qui cherchent à entraver la marche de la nation vers la maitrise populaire du développement. Il annonce la prochaine application de la nouvelle politique agraire, la construction de routes à Miandrivazo, et donne l’assurance à tous les Malgaches de « l’appui ferme de son gouvernement dans l’œuvre commune de la rénovation nationale ».

Le même jour, à Manjakandriana, à l’ouverture de la Foire sous-préfectorale, deux discours sont prononcés par le colonel Richard Ratsimandrava, ministre de l’Intérieur, et le lieutenant-colonel Joël Rakotomalala, ministre de l’Information. Tandis que ce dernier axe son discours sur le maintien du prix du kilo du riz à 65 FMG, contrairement aux rumeurs qui se propagent, le ministre Ratsimandrava reprend le principal passage de son discours récent à Moramanga, sur « l’existence de comploteurs qui veulent faire régner la dictature à Madagascar ».

Le lendemain à Belo-sur-Tsiribihina, le chef du gouvernement met l’accent sur le rôle important de l’Armée dans la vie de la nation. Elle « active le développement économique et se trouve être la pierre angulaire de la souveraineté nationale, tout en étant le symbole vivant de l’unité nationale ».

Le 4 septembre, à Morondava, le général Ramanantsoa dénonce encore les agissements de « réactionnaires ».

« Les ennemis de la nation font tout leur possible pour mettre les bâtons dans les roues de la rénovation nationale. Mon gouvernement n’a jamais promis la lune à personne ; il ne recule pas devant les obstacles pour appliquer et respecter, aujourd’hui comme demain, la convention qu’il a souscrite avec le peuple. Les fonctionnaires doivent être solidaires plus que jamais les uns des autres et se défendre de se réserver des sortes de chasse gardée dans leurs activités professionnelles. Ne laissons pas fouler aux pieds par les détracteurs notre liberté. Le peuple, c’est la masse des gens de conditions modestes ; c’est en pensant à lui que nous avons décidé de supprimer les impôts de capitation et ceux sur les bovidés… La jeunesse, c’est l’espoir de la nation. »

Le même jour, s’ouvre au Complexe scolaire d’Ampefiloha la Semaine malgache des plantes médicinales, animée par le Dr Rakoto-Ratsimamanga et organisée sous les auspices de l’Académie malgache et de l’Office de la recherche scientifique et technique.

Le 5 septembre, une mission conduite par Henri Raharijaona, ambassadeur aux USA, et Pierre Rajaonah, secrétaire général du ministère du Développement rural, rentre à Antananarivo après avoir mené à bon port la négociation qu’elle a faite auprès de la Banque Mondiale, pour l’octroi d’un prêt de 4 milliards FMG, destinés à la réalisation d’un important projet forestier industriel intéressant la région du Haut-Mangoro.

Poursuivant sa tournée dans le Sud-ouest, le général Ramanan­tsoa se retrouve à Manja où il développe les thèmes sur l’enseignement et la lutte acharnée menée par le gouvernement contre les vols de bœufs. Le 5 septembre, il est à Toliara où il recommande à la population de mettre tous les Firaisana (communes rurales, arrondissements) à l’abri des éléments perturbateurs qui ne cherchent qu’à semer la dissension et à provoquer la paralysie de toute la communauté. Il fait également appel à la vigilance de tous pour ne pas laisser leur liberté foulée aux pieds par les ennemis de la nation.

De son côté à Toamasina, le 12 septembre, le ministre de l’Économie, Albert-Marie Ramaroson, explique devant les Tamataviens le texte qui vient d’être publié sur l’application de la réforme agraire tant attendue, dans cette ville « où les évictions au profit des étrangers étaient les plus nombreuses et les plus anciennes pendant la colonisation ».

Les « sans-terres » profiteront en priorité des dispositions du texte qui vient de paraitre. L’État, par l’intermédiaire des chefs de province, est habilité à distribuer les terres. Les bénéficiaires seront tenus de mettre celles-ci en valeur, sinon ils risquent une expropriation au profit d’autres personnes qui sauront faire preuve de détermination à mettre en culture les superficies qui leur seront attribuées.

À propos justement du texte, le Dr Emmanuel Rakotovahiny, ministre du Développement rural, donne une conférence le 19 septembre, axée sur le contenu et le sens de la réforme agraire annoncée par le gouvernement. Il déclare notamment : « Le métayage, c’est de l’esclavage… Le reboisement sera poursuivi pour que nous puissions fabriquer de la pâte à papier… ».

Texte : Pela Ravalitera – Photo : Archives personnelles

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Publié dans Histoire, Notes du passé

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