Notes du passé: Un musée des souvenirs de la royauté à Anatirova

Publié le par Alain GYRE

Un musée des souvenirs de la royauté à Anatirova

23.09.2016 Notes du passé N°22513

Notes du passé: Un musée des souvenirs de la royauté à Anatirova

En donnant à l’un des palais qu’elle fait construire le nom de Tsarahafatra, Ranavalona Ire veut démontrer, en montant sur le trône, que son beau-père Andrianampoini­merina l’a désignée pour régner à la mort de son mari et que « sa recommandation ou prédiction est juste, s’est bien réalisée ». Tsara­hafatra sert de demeure à trois reines, Ranavalona Ire, Rasoherina et Ranavalona II. C’est ce palais qui est bombardé au cours de l’expédition française en septembre 1895. Depuis, il ne reste sur l’emplacement que des tronçons de colonnes en pierre.

Rabodonandrianampoinimerina fait également ériger Tsarahavana ou Manjakahavana où elle installe l’une de ses sœurs, Rafaraman­jaka; et Manjakatsiorivahoaka « puisque le royaume est réuni et que je règne sur un peuple heureux ». Elle y place son neveu Ramboa­salama qu’elle destine au trône avant la naissance du prince héritier Rakoto-Radama. La reine fait aussi raser Tsarazoky et déplace le palais de justice à Ambaton­drafandrana, réhabilite le Fitomian­dalana agrandissant ainsi le Rova.

Rasoherina, épouse et successeur de Radama II, construit Manampisoa expliquant elle-même cette appellation: « qui s’ajoute ou qui vient s’ajouter à ce qui est beau ». C’est un palais en bois qui, sous la colonisation, sert de musée où sont conservés les restes du passé. On y conserve notamment un divan de Tsarahafatra où l’on peut voir la trace d’un obus.

Outre le coffrage de pierre de Manjakamiadana, Ranavalona II pour sa part fait construire la Tranovato, l’Église du Palais sur l’emplacement de Fohiloha, Manandraimanjaka et Trano­manary transposés à Ambohi­manga. On doit ce coquet monument à l’architecte Pool, la reine ayant fait du protestantisme une religion d’État. La première pierre de l’édifice est posée le 20 juillet 1869, mais l’inauguration n’est célébrée que onze ans plus tard, le 8 avril 1880. Entretemps Ranavalona II, le Premier ministre et la Cour assistent aux offices de Manam­pisoa, alors encore appelé Mahatsara.

À l’ouest du portail nord, deux pagodes de bois peinturlurées de rose et de vert et surélevées sur un large socle de maçonnerie, dominent la cour. C’est la nécropole royale. L’une fantaisiste, mi-hindoue mi-chinoise, protège l’entrée du caveau où sont cachés les corps d’Andrianampoini­merina, Radama Ier et Radama II. La deuxième de style qui rappelle les cases primitives, abrite les tombes des trois Ranavalona et de Rasoherina. Le corps de Rana­valona III rejoint ceux des autres en 1938 car, exilée en 1896, elle meurt à Alger en 1917. La translation des corps des souverains enterrés à Ambohimanga (Ilafy pour Radama II) et leur réunion dans cette nécropole sont décidées et effectuées par Gallieni, le 15 mars 1897.

C’est pendant la colonisation aussi que les différents palais, les vastes salles et les petits appartements des reines abritent les collections du Musée d’Antanana­rivo. Ainsi dans une salle du grand Palais, une représentation assez complète de la faune et de la flore de Madagascar constitue le Musée d’histoire naturelle. Dans la grande salle du 1er étage sont réunis des palanquins, des lits, des armes et tous les objets mobiliers, souvenirs de l’ancienne royauté qui ont pu être rassemblés.

Dans le petit Palais de Manampisoa sont installées les collections historiques.

« Costumes de cérémonie éclatants d’or et de coloris; bijoux vrais ou de pacotille; argenterie et bibelots; tous les objets de valeur ou non qui gardent la marque d’un passé

charmant, émouvant et parfois d’amitié de Napoléon III, y voisinent avec les minuscules vêtements des petits princes hova dont la coupe, les couleurs et les ornements dévoilent l’origine anglaise. »

Un Musée des beaux-arts créé en 1977 contient « une importante collection de toiles dont les tendances diverses qui vont du style le plus académique aux représentations vigoureuses de l’art moderne, permettent au visiteur colonial un examen comparatif profitable ».

Une salle consacrée à la paléontologie renferme, entre autres belles pièces, deux squelettes d’æpyornis, « ancêtre géant de l’autruche et dont la disparition à Madagascar ne remonterait, dit-on, qu’à quelques siècles ». De même, la plus grande partie du squelette fossilisé d’un dinosaure qui mesure 30 mètres, est un précieux document de la faune préhistorique de l’île.

Enfin, il y a une salle d’ethnographie qui réunit les objets et la documentation les plus susceptibles de montrer l’évolution de ce pays.

Texte : Pela Ravalitera – Photo : Archives personnelles

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Publié dans Histoire, Notes du passé

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