Soamahamanina – Mahabako FCE – Ilafy : La CPI inclut l’accaparement de terres dans les crimes contre l’humanité

Publié le par Alain GYRE

Soamahamanina – Mahabako FCE – Ilafy : La CPI inclut l’accaparement de terres dans les crimes contre l’humanité

Rédaction Midi Madagasikara 28 septembre 2016

Soamahamanina – Mahabako FCE – Ilafy : La CPI inclut l’accaparement de terres dans les crimes contre l’humanité

La Procureure générale de la Cour Pénale Internationale, Fatou Bensouda a annoncé cette nouvelle mesure jeudi dernier.

Un « ouf de soulagement » pour les associations et organisations œuvrant contre l’accaparement de terrains des paysans par des grandes firmes internationales, en l’occurrence du Collectif pour la Défense des Terres Malgaches (TANY). La nouvelle est perçue du côté des opérateurs étrangers, particulièrement les investisseurs chinois qui sont plus présents à Madagascar, comme un véritable coup de massue. En effet, selon une information relayée la semaine dernière par de nombreuses agences de presse étrangères, la Procureure générale de la Cour Pénale Internationale, Fatou Bensouda a annoncé jeudi dernier, dans un document de politique générale sur « la sélection et la hiérarchisation des affaires » que « les destructions de l’environnement et les accaparements de terres seront désormais traités comme un crime contre l’humanité ». Dans ce document, ce haut responsable auprès de la CPI avertit que : « Mon bureau s’intéressera particulièrement aux crimes impliquant ou entraînant des ravages écologiques, les exploitations illicites des ressources naturelles ou les expropriations illicites de terrains ».

Message fort. Cette décision constitue un message fort pour les dirigeants malgaches qui poursuit l’octroi de terrains aux investisseurs étrangers. Et ce, bien malgré les différents mouvements de contestation menées actuellement par de nombreuses associations villageoises telles que l’association « Vona » du côté de Soamahamanina, la révolte de la population de la Commune rurale de Mahabako Fianarantsoa Côte-Est, dans le District de Manakara qui a lancé la semaine dernière un ultimatum de deux jours à des investisseurs chinois qui y opèrent un projet d’exploitation aurifère pour quitter Mahabako, ou encore le problème des habitants d’Ilafy qui sont montés au créneau pour dénoncer l’octroi de sept hectares de terrains sis à proximité du Rova d’Ilafy à des ressortissants chinois. Les dirigeants malgaches sont donc avertis. Désormais, l’octroi des terres pour les exploitations de nos richesses naturelles et qui risqueraient d’avoir des répercussions sur l’environnement et faire des ravages écologiques, pourrait être poursuivi devant la Cour Pénale Internationale à La Haye. Actuellement, de nombreuses associations paysannes haussent le ton pour dénoncer la vente de leurs terres à des sociétés d’exploitations minières. C’est le cas notamment à Soamahamanina où la société Jiuxing Mines a obtenu une autorisation d’exploitation aurifère sur une surface de 7500 hectares. D’après les informations, la durée initiale du contrat serait de 40 ans renouvelables.

1er rang. Selon une étude menée par « Thinking Africa », une agence composée entre autres, de jeunes chercheurs, d’universitaires et d’experts, Madagascar occupe le premier rang dans le classement des pays africains par rapport à la superficie des terres cédées aux investisseurs étrangers avec 3,7 millions d’hectares de terres agricoles cédées. L’Ethiopie se trouve à la deuxième position avec 3,2 millions d’hectares, suivie de la République Démocratique du Congo (2,8 millions d’hectares) et la Tanzanie (2 millions d’hectares), le Soudan, (1,6 millions d’hectares). Aux yeux des observateurs, cette nouvelle mesure annoncée par la Procureure générale de la Cour Pénale Internationale, Fatou Bensouda pourrait tout au moins servir de dissuasion pour des « crimes » qui, jusqu’ici, sont restés dans l’impunité.

Davis R

http://www.midi-madagasikara.mg/

Publié dans Revue de presse

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