Anzisha Prize – Un Malgache élu meilleur startupper de l’Afrique

Publié le par Alain GYRE

Anzisha Prize – Un Malgache élu meilleur startupper de l’Afrique

26.10.2016

 

Tahina Randriarimanana a remporté le premier prix de l’Anzisha Prize. Son start-up Fiombonana a permis à ce jeune orphelin de Faratsiho de devenir le meilleur jeune entrepreneur de l’Afrique.

 

Quel sacre ! À 22 ans, Tahina Randriarimanana a été désigné hier à Johannesburg, Afrique du Sud, lauréat du concours Anzisha Prize, prix africain récompensant les jeunes entrepreneurs du continent. Ce jeune originaire de Fara­tsiho a remporté un financement de 32 500 dollars pour soutenir sa petite entreprise solidaire et à vocation sociale dénommée Fiombonana.

« Il a un peu eu le trac à l’approche de la finale, lundi dernier à partir de 10h00 (11h à Madagascar). Il a pourtant eu très peu de remarques négatives lors de l’examen blanc de tout à l’heure. Les applaudissements ont même été un peu plus forts », explique sur son profil Facebook Andry Ravololonjatovo de Drongo Translator, celui qui l’a accompagné au cours de cette aventure en terre sud africaine.

Tahina Randriarimanana est une illustration parfaite d’un success story à la sauce malgache. Depuis son enfance, il a dû surmonter plusieurs épreuves. Ayant perdu sa mère seulement quatre jours après sa naissance, et ne connaissant pas son père, il a été élevé par son grand-père dans le petit village de Faratsiho, dans la région du Vakinankaratra. À l’âge de seize ans, il a été contraint de quitter les bancs de l’école, pour devenir par la suite « chercheur d’eau », ou encore vendeur à la sauvette de caca pigeon pour le compte de son oncle. Les petits boulots par ci par-là l’ont beaucoup aidé à surmonter les difficultés quotidiennes de la vie.

 

Battant

Orphelin, certes, mais bourré d’idées, Tahina Randriari­manana apprend l’art culinaire à l’âge de 17 ans. « J’ai débuté dans la commercialisation des fromages laitiers. Ensuite, je suis entré dans la transformation des fruits, du thé et bien d’autres produits alimentaires », a-t-il témoigné dans les colonnes de Ao Raha, édition du 20 septembre. C’est là, peut-être, le déclic de sa vie.

Il n’a bénéficié ni d’une levée de fonds, ni d’un coup de pouce d’un business angel, et encore moins d’un prêt bancaire. Mais il a pu fonder sa petite startup Fiombonana.

Spécialisée dans la transformation de fruits et de produits laitiers, Fiombonana, l’entreprise de Tahina emploie, en ce moment, douze personnes, et collabore avec des fermiers de son Vakinankaratra natal. À Antanimena, sa petite boutique ne désem­plit pas. Ses marques « Fydeliko», «Taksa» font le bonheur de toute sa famille.

À Johannesbourg, Tahina rêve de poursuivre ses études à l’issue de ce concours. « J’investirais une grosse partie de l’argent dans la poursuite de mes études en anglais et j’approfonderai mes connaissances en gestion d’entreprise », a-t-il confié à l’un de ses accompagnateurs.

Avec son startup Fiombonana, Tahina Randri­rimanana est élu meilleur jeune entrepreneur de l’Afrique devant d’autres jeunes issus du Sénégal, Egypte, Mozambique, Maroc, Nigeria, Niger, Ghana, Tanzanie, Kenya, Ouganda, et Côte d’Ivoire.

Le Prix Anzisha est ouvert aux jeunes entrepreneurs qui ont développé et mis en œuvre des solutions innovantes face aux défis sociaux, ou qui ont initié des entreprises prospères au sein de leurs communautés.

 

Lova Rafidiarisoa

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Publié dans Economie, Startup

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